1er mai: Les syndicats en ordre dispersés

FETE L'ambiance n'est pas au beau fixe entre les principaux syndicats...

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez (g) et le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly (c), le 9 avril 2015 dans la manifestation anti-austérité à Paris
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez (g) et le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly (c), le 9 avril 2015 dans la manifestation anti-austérité à Paris — STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Les syndicats se présentent en ordre dispersés pour ce qui est leur grand rendez-vous symbolique et traditionnel: le défile du 1er mai pour la Fête du travail. La CGT va conduire des cortèges anti-austérité avecla FSU, Unsa et Solidaires, tandis que la CFDT accueille de son côté des jeunes pour un «festival» à Paris et que FO fait cavalier seul.

«Le syndicalisme français pâtit à la fois de sa division et de la multiplication de ses acteurs», a jugé sur Europe 1 ce vendredi Bernard Thibaut, l'ex secrétaire général de la CGT, ajoutant qu'il y a «trop de syndicats en France».  Mais malgré ces divisions, toutes les organisations rappellent leur attachement à cette fête des travailleurs.

Des slogans anti-austérités

Dans le cortège ce vendredi après-midi, les banderoles seront essentiellement frappées de slogans dénonçant les «politiques d'austérité» en Europe. Mais les syndicats qui ont lancé cet appel «unitaire» entendent aussi réaffirmer, dans la suite de la vaste mobilisation post-attentats du 11 janvier, qu'ils «sont décidés à défendre» «la démocratie» et «les libertés de pensée et d'expression», sur fond de montée du Front national.

Ce 1er mai «unitaire et européen» sera, dans un climat de «vraie tension sociale», l'occasion pour les salariés, retraités et demandeurs d'emploi de se «faire entendre», veut croire Philippe Martinez.

Pour son premier 1er mai à la tête de la CGT, le dirigeant syndical espère aussi transformer l'essai de la mobilisation contre l'austérité du 9 avril. Sa centrale, unie à FO notamment, avait alors affirmé avoir mobilisé 300.000 manifestants dont 120.000 à Paris. La police n'avait elle recensé que 32.000 personnes dans les rues de la capitale.

«Ce n'est pas la peine de faire semblant»

Contrairement à l'année dernière, où Force ouvrière avait rejoint la CGT pour la Fête des travailleurs afin de dénoncer la politique du gouvernement, réunissant entre 100.000 et 200.000 manifestants dans toute la France, la centrale de Jean-Claude Mailly fera cette fois encore bande à part. Meetings et rassemblements sont organisés dans les principales villes de France.

Jean-Claude Mailly tient un meeting à Bordeaux dans la matinée. «Quand les revendications ne sont pas partagées, ce n'est pas la peine de faire semblant», «ce n'est pas en organisant un 1er mai contre le FN qu'on est efficace», a estimé auprès de l'AFP le numéro un de FO.

De son côté, la CFDT entend «déringardiser» le syndicalisme et par la même occasion le 1er mai, parce qu'il «faut arrêter de considérer qu'il y a des traditions immuables», comme l'a estimé vendredi matin son secrétaire général Laurent Berger. Loin du défilé, la centrale réformiste a donc opté pour un rassemblement festif destiné aux moins de 36 ans et espère accueillir 2.000 jeunes à ce «Working time festival», à l'Insep (Institut national du sport), dans le bois de Vincennes.