L'homme qui a enlevé Berenyss trahi par son ADN

ENQUÊTE Cet agriculteur de 48 ans est soupçonné dans une première affaire d’agressions sexuelles…

20 Minutes avec AFP

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La maison de Montzéville (Meuse), dans laquelle le ravisseur présumé de Berenyss a été interpellé, mardi 28 avril.
La maison de Montzéville (Meuse), dans laquelle le ravisseur présumé de Berenyss a été interpellé, mardi 28 avril. — AFP / STR

Le ravisseur présumé de la petite Bérényss, un agriculteur de 48 ans interpellé mardi en Meuse, devait être mis en examen mercredi soir après avoir été confondu par son ADN retrouvé sur des sous-vêtements de la fillette de 7 ans.

Sa garde à vue a été prolongée de 24 heures, mardi à 17h30, à la gendarmerie de Briey (Meurthe-et-Moselle). Il devait être mis en examen mercredi soir, avant un probable placement en détention provisoire à la prison de Metz-Queuleu. Les faits qui lui sont reprochés - enlèvement, séquestration et agression sexuelle sur mineure - sont passibles de dix ans de réclusion criminelle.

Déjà impliqué dans une première affaire d’agressions sexuelles

Depuis le début de ses auditions, le suspect, qui n'a pas souhaité être assisté par un avocat pour le moment, «répond à côté, ou ne répond pas. Il est prostré, il ne collabore pas à la discussion», a déclaré le procureur de la République de Briey, Yves Le Clair.

L'homme a été confondu par son ADN, retrouvé notamment sur les vêtements et sous-vêtements de Bérényss. Par chance pour les enquêteurs, il venait à peine d'être répertorié au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) lors d'une précédente garde à vue en début avril, à la suite d'une plainte fin 2014 pour des faits d'agressions sexuelles sur trois de ses proches, dont deux nièces.

Jusqu'à présent les enquêteurs étaient sceptiques sur cet autre dossier, qui présentait de nombreuses lacunes et qui en est toujours au stade de l'enquête préliminaire.

Bérényss a reconnu son agresseur

Afin de recueillir un maximum de prélèvements, les enquêteurs ont largement ratissé le domicile du suspect à Montzéville (Meuse), où il a été interpellé mardi à l'aube par le GIGN. Si des traces ADN différentes devaient être constatées, elles seraient ensuite comparées à celles d'enfants disparus ou ayant dénoncé des faits d'agressions sexuelles.

En plus de l'élément déterminant de l'ADN, le récit de Bérényss correspond en tous points aux constatations faites à son domicile par les enquêteurs. La petite fille avait par exemple remarqué qu'une voiture similaire à celle utilisée pour son enlèvement, une fourgonnette blanche, était stationnée devant sa maison, et qu'il lui manquait une roue, ce que les journalistes sur place ont également pu observer.

Bérényss a en outre reconnu son agresseur, selon sa mère, Sonia, confiant mardi soir son «gros soulagement» de savoir le suspect arrêté.

Un rapt de 8 heures

L'homme est soupçonné d'avoir enlevée Bérényss, jeudi dernier vers 15H00, alors qu'elle faisait du vélo dans son village de Sancy, en Meurthe-et-Moselle, tout près de chez elle. Selon les enquêteurs, il l'a attiré dans son véhicule, en lui faisant croire qu'il était un marchand de bonbons.

Le rapt a duré 8 heures. Il a emmené la fillette chez lui, et, «si elle n'a pas subi des violences au sens commun du terme», elle a bien été victime d'agressions sexuelles, «c'est-à-dire d'actes contraires à la pudeur de la victime mettant directement en cause son corps», selon le procureur Yves Le Clair.