Enlèvement de Berenyss: Ce que l'on sait de son agresseur

ENQUETE L'homme est un agriculteur de la Meuse d'un cinquantaine d'années, déjà soupçonné d'agressions sexuelles sur des fillettes de sa famille...

Charlotte Murat

— 

La maison de Montzéville (Meuse), dans laquelle le ravisseur présumé de Berenyss a été interpellé, mardi 28 avril.
La maison de Montzéville (Meuse), dans laquelle le ravisseur présumé de Berenyss a été interpellé, mardi 28 avril. — AFP / STR

L'ADN a finalement parlé. Les prélèvements effectués sur les vêtements et les sous-vêtements de Berenyss, la fillette enlevée puis relâchée jeudi 23 avril dans le village de Sancy (Meurthe-et-Moselle), ont permis de remonter jusqu’à un agriculteur de la Meuse. L'homme a été interpellé à son domicile, ce mardi à l'aube, et a été placé en garde à vue. Le GIGN est intervenu, car l'homme avait des antécédents de violence avec armes, mais son interpellation «s'est très bien passée», a précisé le procureur de Briey (Meurthe-et-Moselle), Yves Le Clair.

Ce père de famille né en 1967 vivait seul, séparé de son épouse, dans le village de Montzéville près de Verdun. Une perquisition a été effectuée à son domicile, que L'Est républicain situe dans la rue Tourne-Cul, où les enquêteurs ont retrouvé une fourgonnette blanche semblable à celle recherchée. Selon le général de gendarmerie Jean-Régis Vechambre, il avait raconté à l'enfant qu'il était marchand de bonbons.

Déjà soupçonné d'agressions sexuelles

Condamné à quatre reprises en 2000 pour des infractions à la chasse, des dégradations et des violences, cet homme proche de la cinquantaine venait de subir un prélèvement d'ADN «à l'occasion d'une très récente plainte en cours d'enquête pour des faits d'agression sexuelle sur des membres de sa famille», a précisé Yves Le Clair. Les fillettes concernées par cette affaire - «de la même tranche d'âge que Berenyss», a précisé Yves Le Clair - sont deux de ses nièces et une autre enfant de son entourage.

Berenyss n'a pas été attachée pendant sa séquestration, a souligné le procureur. Mais «si la victime n'a pas subi des violences au sens commun du terme, le comportement du mis en cause lorsqu'il l'a retenue peut recevoir cette qualification d'agression sexuelle, c'est-à-dire d'actes contraires à la pudeur de la victime mettant directement en cause son corps», a poursuivi le magistrat.

«Il est dans le déni complet»

En garde à vue depuis son interpellation, le ravisseur et agresseur soupçonné ne semble guère enclin à apporter son aide aux enquêteurs. «Il est dans le déni complet», a expliqué Yves Clair. Une information judiciaire a été ouverte à son encontre  pour enlèvement, séquestration avec libération avant le septième jour et agression sexuelle sur mineure. L'homme encourt une peine de 10 ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende.