Polémique à l'INA: Fleur Pellerin hausse le ton

SOCIETE Après la polémique sur le bureau du PDG de Radio France, la patronne de l'INA est sur la sellette pour ses dépenses de taxi...

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la Culture Fleur Pellerin lors d'une conférence de presse le 15 avril 2015 à Paris
La ministre de la Culture Fleur Pellerin lors d'une conférence de presse le 15 avril 2015 à Paris — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Après la polémique sur la rénovation du bureau du PDG de Radio France, la patronne de l'INA se retrouve à son tour sur la sellette pour ses dépenses de taxi, mais Fleur Pellerin promet un code de bonne conduite pour les dirigeants des établissements publics.

Selon Le Figaro, Agnès Saal, la patronne de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), a dépensé en dix mois 40.915 euros de taxis auprès de la compagnie G7.

«En tant que PDG de l'INA, j'ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler 12 à 15 heures par jour ni les week-ends, j'ai également un abonnement aux taxis G7, car je n'ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l'ai repris», s'est défendue Agnès Saal.

Elle a toutefois admis que «l'usage professionnel du taxi pendant les week-ends» représentait seulement «environ un tiers ou un quart de la facture».

6.700 euros sont aussi imputables à son fils, à qui elle avait communiqué son numéro de réservation, «une maladresse», a-t-elle reconnu dans le quotidien.

Enquête à l'INA pour retrouver le «corbeau»

Ces informations, dévoilées par «un corbeau» selon Le Figaro, ont été envoyées par courrier anonyme aux administrateurs de l'INA, confirme à l'AFP Françoise Lamontagne, déléguée syndicale CGT, qui a reçu «le dossier dans sa boîte aux lettres perso».

«Ca fait très mauvais effet. Les salariés sont en colère. C'est complètement contradictoire avec (le) discours» d'Agnès Saal en faveur d'une gestion rigoureuse de l'INA, a ajouté la représentante de la CGT.

Même son de cloche au syndicat FO de l'institution, installée à Bry-sur-Marne (Val de Marne), qui estime que «la crédibilité de Madame Saal est très sévèrement entachée». FO demande à l'Etat «des mesures pour qu'enfin les dépenses des établissements publics soient gérées dans la transparence et non dans l'opacité la plus totale».

Contactée par l'AFP, Agnès Saal n'a pas souhaité s'exprimer. Une enquête interne pour identifier le corbeau a été ouverte à l'INA.

Demande d'exemplarité

Une fois informée des «frais de déplacement privés de la présidente», la ministre de la Culture Fleur Pellerin «a immédiatement demandé le remboursement intégral, qui est en cours», a souligné le ministère dans un communiqué.

Depuis l'onéreuse rénovation des boiseries «en palissandre de Rio» du bureau de Mathieu Gallet, PDG de Radio France, révélée par le Canard Enchaîné en pleine grève dans le groupe, les dépenses des dirigeants de l'audiovisuel public, particulièrement sensibles en temps de disette budgétaire, sont scrutées à la loupe.

Lundi, après les révélations sur la présidente de l'INA, Fleur Pellerin a elle aussi rappelé «son attachement très ferme à l'exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle». La ministre a également «demandé au Contrôle général économique et financier (CGEFI, service du ministère de l'Economie qui contrôle la gestion de l'argent public, NDLR) son analyse et ses recommandations pour les suites qu'il conviendrait éventuellement de donner» à cette affaire.

Fleur Pellerin a tenu à rappeler qu'elle avait souhaité dès la mi-mars «donner des directives claires à l'ensemble des dirigeants relevant de son ministère» concernant les dépenses liées à leur activité.

Ainsi, elle a confié des missions à l'Inspection générale des affaires culturelles (IGAC) et au CGEFI qui «rappelleront le cadre précis dans lequel ces dépenses doivent s'inscrire et proposeront, le cas échéant, de modifier ou d'harmoniser certaines règles de fonctionnement».