Sid Ahmed Ghlam, un profil «à la Merah»?

TERRORISME Les ressemblances sont nombreuses entre les deux profils mais des divergences apparaissent dans les détails…

W.M.
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Montage photo. A gauche Mohammed Merah (France 2/AP/SIPA), à droite Sid Ahmed Ghlam (BFM TV/RMC)
Montage photo. A gauche Mohammed Merah (France 2/AP/SIPA), à droite Sid Ahmed Ghlam (BFM TV/RMC) — 20 Minutes

Un arsenal de guerre impressionnant, une méticuleuse préparation et des mouvements ignorés par les services de renseignement. Plusieurs traits similaires peuvent être tirés entre Mohamed Merah et Sid Ahmed Ghlam, l’homme soupçonné d’avoir voulu commettre des attentats contre au moins une église de la région parisienne et d’être impliqué dans le meurtre d’Aurélie Châtelain.

Le premier rapprochement entre les deux hommes se fait sur la nationalité. Alors que Merah possédait la double nationalité, française et algérienne, Sid Ahmed Ghlam est uniquement Algérien. Selon le procureur de la République, il rejoint sa mère en France en 2001. Puis repart deux ans plus tard en Algérie jusqu’en 2009, date à laquelle il rentre en France définitivement. Comme Mohamed Merah qui allait régulièrement pendant les vacances rendre visite à son père, Sid Ahmed Ghlam a pu y trouver le terreau de sa radicalisation. A la différence du tueur de Toulouse, son casier judiciaire était vide.

La voiture utilisée comme cache d’armes

Arrêté dimanche matin, l’étudiant en informatique faisait l’objet d’une fiche «S», pour «sûreté de l’Etat», et était connu des services de renseignement – comme le «tueur de Toulouse» – pour son désir de rejoindre une terre de djihad. De la même façon que Merah l’avait été à son retour de la zone pakistano-afghane, Sid Ahmed Ghlam a été entendu à son retour de Turquie au début de l’année. Mais rien ne permettait de le placer en détention, selon les autorités.

C’est dans sa voiture que les enquêteurs ont retrouvé plusieurs armes, dont une de guerre, une Kalachnikov. Merah aussi utilisait sa voiture, garée dans la rue, pour y cacher son arsenal et ne pas éveiller les soupçons en cas de surveillance. «C’est assez commun que les voitures servent de cache d’armes. En cas de descente de police au domicile d’un suspect, cela permet un repli», commente un policier du Val-de-Marne.

Un loup pas si solitaire

Autre point commun entre les deux hommes, la préparation minutieuse des attentats. Merah s’était muni d’une caméra pour filmer ses assassinats. Si les cibles n’étaient pas prédéfinies, il visait des militaires et des juifs. Dans l’impréparation et l’amateurisme supposé de Sid Ahmed Ghlam – il se serait blessé accidentellement avec son arme à feu –, il y a tout de même une certaine précision. Ainsi, des notes manuscrites laissant apparaître des chiffres ont été retrouvées par les policiers qui pensent, à première vue, qu’il pourrait s’agir de temps de parcours et d’intervention entre les commissariats de la région et le lieu où l’attentat était prévu.

Par ailleurs, sans doute, le suspect se savait surveillé ou tout du moins être une cible des services de renseignement. Les enquêteurs auraient mis la main sur des «clés de chiffrement» chez la compagne de Sid Ahmed Ghlam, rapporte la radio RTL. Encore un point commun avec Merah, présenté d’abord comme «loup solitaire», et le rôle joué par les femmes qui l’entouraient. Au fil des enquêtes, les djihadistes qu’on a cru un temps «isolés» se sont avérés avoir été aidés d’une manière ou d’une autre par des proches.