Attentat déjoué: Aurélie Châtelain, 32 ans, «victime du terrorisme»

PORTRAIT La jeune femme a croisé la route du djihadiste présumé qui projetait de commettre un attentat dans une ou plusieurs églises françaises...

N.Bg.
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Drapeau en berne et portrait d'Aurélie Châtelain à Caudry le 22 avril 2015.
Drapeau en berne et portrait d'Aurélie Châtelain à Caudry le 22 avril 2015. — Michel Spingler/AP/SIPA

L’attentat est déjoué, mais il y a eu une victime. Aurélie Châtelain, 32 ans, a été tuée dimanche dernier au petit matin d'une balle à Villejuif, en banlieue parisienne. Le suspect du meurtre, Sid Ahmed Ghlam, a été appréhendé le jour même et se trouve toujours en garde à vue ce mercredi.

«Je voulais la proposer pour la légion d'honneur»

Sa présence sur la route du djihadiste présumé est un très malheureux hasard: passionnée de danse et de fitness, Aurélie Châtelain était arrivée en banlieue parisienne la veille au soir pour y suivre un stage de formation professionnelle, à l’enseignement du Pilates, cette forme douce de gymnastique. Elle vivait dans la petite ville de Caudry, dans le Nord, dont elle avait été conseillère municipale de 2008 à 2014, sur la liste du maire de droite Guy Bricout. «C'était un véritable rayon de soleil, un sourire éclatant inoubliable. Elle était débordante d'énergie, pétillante, rayonnante... La danse était sa vie, elle virevoltait de grâce au rythme de la musique», écrit l’édile dans un communiqué.

«Par son courage, elle a permis l'arrestation de cette personne avant qu'elle ne fasse des actes de cruauté encore plus importants», a dit Guy Bricout à l'AFP. «Je voulais la proposer pour la légion d'honneur», a-t-il ajouté.

«Elle ne voulait jamais s'arrêter! Toujours remonter en scène»

Investie dans la vie locale, elle «avait plein de projets, elle avait décidé de se lancer dans sa passion, la danse, et le sport. Elle voulait passer d'autres formations encore», indique à La Voix du Nord la présidente d’une association locale de fitness. «Elle ne voulait jamais s'arrêter! Toujours remonter en scène, toujours enchaîner les cours», confie encore au Figaro, une autre membre de l’association.

Côté vie privée, celle que ses proches surnommaient Lily était la mère d’une petite fille de 5 ans. Elle était séparée de son père mais s’entendait toujours bien avec lui. «Je m'occupe de ma fille et fais déjà comme je peux pour garder la tête froide face à elle. Je ne sais quoi dire devant tant d'effroi, d'incompréhension, de colère et de haine», confie le jeune homme sur Facebook. «Son papa ne sait pas comment dire à sa fille que sa mère qu'elle adorait n'est plus là», explique au Figaro le père d’Aurélie, Jean-Luc Châtelain, qui a une autre fille de 19 ans.

Aujourd’hui, les drapeaux de Caudry sont en berne pour honorer la mémoire d’Aurélie Châtelain, «victime du terrorisme», selon Manuel Valls. Sur Facebook, une page a été créée pour lui rendre hommage. Et dimanche en fin de matinée, une marche blanche partira de la mairie de Caudry en mémoire de celle qui, selon son père, «n'avait pas d'ennemi, que des amis».