Attentat évité à Villejuif: L'impressionnant arsenal du suspect

TERRORISME Les policiers ont perquisitionné le domicile et la voiture de Sid Ahmed Ghlam…

William Molinié
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Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille.
Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille. — AFP PHOTO / BORIS HORVAT

Des armes de guerre, des outils technologiques de pointe et de quoi se grimer en policier. En perquisitionnant le domicile et la voiture de Sid Ahmed Ghlam, les policiers sont tombés sur un véritable arsenal de guerre. Le procureur de la République, François Molins, l’a passé en revue lors d'une conférence de presse ce mercredi. Etat des lieux.

DÉCRYPTAGE - Retour sur un coup de chance transformé en coup de com'

  • Quatre fusils d’assaut Kalachnikovs

Un fusil airsoft de type Kalachnikov de la marque Cyber Gun. - Repro 20 Minutes

Ces armes de guerre, surnommées AK47, sont la marque de fabrique du banditisme des cités et notamment des règlements de compte. C’est l’une des armes les plus facilement accessible. A la chute du mur soviétique, les stocks d’armes des pays de l’Est ont été pillés. Des dizaines de milliers d’armes se sont retrouvées entre les mains de groupes criminels qui aujourd’hui s’emploient à les revendre et les refourguer partout dans le monde.

  • Un Sig-Sauer SP 2022

Photo d'un sig-sauer .45 - Chris Heller/AP/SIPA

Cette arme a été retrouvée à l’intérieur de la voiture de Sid Ahmed Ghlam. Il s’agit d’un pistolet semi-automatique conçu en Suisse et produit en Allemagne. En France, il équipe en calibre 9mm Parabellum la police nationale, la gendarmerie, les douanes et l’administration pénitentiaire. L’arme retrouvée a d’ailleurs été déclarée volée par un agent de la police nationale. «C’est une arme pas très évidente à manipuler. Beaucoup moins en tout cas qu’une Kalachnikov», détaille un policier. L’administration prévoit d’ailleurs six heures de formation et de prise en main à ses fonctionnaires avant qu’ils puissent porter sur eux leur Sig-Sauer.

  • Gilets pare-balles et tactiques

Ils sont accessibles au grand public sans licence, contrairement aux armes. Un gilet pare-balles peut se commander sur Internet pour moins de 200 euros. Quant à un gilet tactique, une sorte de veste sans manche avec de multiples poches, il se vend autour de 50 euros pour l’entrée de gamme.

  • Gyrophare, brassards de police et chasubles

Le gyrophare d'une voiture de police - Philippe Huguen AFP

Les policiers sont tombés sur des brassards et des chasubles de police ainsi qu’un gyrophare. Ces éléments peuvent s’acquérir sans difficulté dans certains magasins de déguisement ou sur Internet. En se fondant parmi les forces de l’ordre, le suspect aurait pu semer le trouble après la commission d’attentat et l’arrivée de la police sur les lieux.

  • Un ordinateur portable et une clé USB

C’est l’exploitation de ce matériel informatique qui a permis aux enquêteurs d’acquérir la certitude que Sid Ahmed Ghlam était en lien avec une autre personne qui pouvait «se trouver en Syrie». Selon le procureur de la République, il échangeait avec ce contact sur des modalités de commission d’un attentat. Ce dernier lui a explicitement de cibler particulièrement «une église».

  • 2.000 euros en liquide

Dans sa chambre du Crous du 13e à Paris, les policiers ont saisi 2.000 euros en liquide. Plutôt étonnant pour un étudiant boursier, a priori sans vraiment beaucoup de ressources.