Attentat déjoué: Qui est Sid Ahmed Ghlam?

ENQUÊTE L'homme de 24 ans était fiché par les services de renseignement...

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran de la photo de Sid Ahmed Ghlam, récupérée par BFM TV-RM
Capture d'écran de la photo de Sid Ahmed Ghlam, récupérée par BFM TV-RM — BFM TV/RMC

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, l’a annoncé ce mercredi matin: un homme a été arrêté dimanche en région parisienne alors qu’il projetait des attaques terroristes contre deux églises de Villejuif. Sid Ahmed Ghlam, dont la photo présumée a été dévoilée par BFM TV, serait aussi lié au meurtre de la professeur de fitness, retrouvée morte dans sa voiture, trois balles dans le corps, dans cette même ville. Le suspect, en garde à vue, s'est enfermé dans le mutisme après avoir fait des déclarations "fantaisistes", disant s'être blessé seul à la jambe en voulant jeter des armes. 20 Minutes fait le point sur ce que l'on sait de lui.

En contact avec un homme en Syrie

L’homme arrêté est un étudiant algérien boursier en informatique de 24 ans. Très actif sur les réseaux sociaux, il serait arrivé en France il y a six ans dans le cadre d’une procédure de regroupement familial. Il avait déjà passé deux ans dans le pays entre 2001 et 2003, d'où il avait dû repartir faute de papiers. Revenu en 2009, à Reims puis à Paris, il résidait au moment de son arrestation dans la chambre 310 d'un foyer étudiant ultra-moderne du XIIIe arrondissement de Paris, juste à côté de l'endroit où il a été retrouvé dimanche matin, blessé d'une balle à la jambe.

Décrit comme une personne discrète par ses voisins du foyer, Sid Ahmed Ghlam y préparait minutieusement un attentat, qui devait avoir lieu de manière imminente. Des armes, des documents détaillant les attaques à venir ou le temps d'intervention supposé des policiers ont été retrouvés dans la chambre. D'autres, en arabe, évoquent "les organisations terroristes Al-Qaïda et Etat islamique", selon le procureur de Paris, François Molins. Et l'analyse du matériel informatique saisi a permis d'établir que Sid Ahmed Ghlam "était en contact avec une autre personne pouvant se trouver en Syrie avec laquelle il échangeait sur les modalités de commission d'un attentat, ce dernier lui demandant explicitement de cibler particulièrement une église", a expliqué le procureur.

Une mystérieuse semaine en Turquie en février

Or, le jeune homme était déjà connu des services de renseignements pour ses «velléités» de départ en Syrie en 2014, où il voulait faire le djihad. Il était suivi depuis cette époque. Sid Ahmed Ghlam faisait l’objet de la part de la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI) d’une «fiche S» comme «sureté de l’Etat», qui signifie qu’une surveillance policière est en cours, mais «sans attirer l’attention».

D'après Le Monde, ce jeune célibataire sans enfant aurait d'ailleurs passé une semaine en Turquie en février de cette année et, placé en garde à vue à son retour, il aurait été relâché peu après, faute d'éléments probants permettant de «justifier l'ouverture d'une information judiciaire», d'après les mots du ministère de l'Intérieur. D'autant que son casier judiciaire ne fait état d'aucune condamnation. Son nom figurait dans une seule procédure pour des faits de violence volontaires en août 2013, classée sans suite en raison du retrait de plainte de la victime.

A Saint-Dizier (Haute-Marne) où vit la famille, des opérations de police se sont déroulées dans la partie pavillonnaire du Vert-Bois. Ce matin, les policiers de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI) ont arrêté une jeune femme de son entourage de 25 ans, habillée d'une burqa, selon des sources proches de l'enquête. Elle résidait depuis six ou sept mois dans un petit pavillon loué dans le quartier avec deux enfants en bas âge, les volets toujours fermés. Sid Ahmed Ghlam s'y rendait régulièrement le week-end.