Quatre ans après, où en est l’enquête sur l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès?

DECRYPTAGE Accusé d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes, Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable quatre ans après les faits…

Vincent Vantighem

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NANTES, le 21/04/2011 Découverte au 55 bvd Schuman de cinq corps. Il s'agit d'Agnès Dupont de Ligonnes et de ses 4 enfants. Des policiers tendent une bâche pour cacher la sortie des corps.
NANTES, le 21/04/2011 Découverte au 55 bvd Schuman de cinq corps. Il s'agit d'Agnès Dupont de Ligonnes et de ses 4 enfants. Des policiers tendent une bâche pour cacher la sortie des corps. — FABRICE ELSNER/20 MINUTES

La dernière fois, c’était dans un train à destination de Soulac-sur-mer (Gironde). Il y a eu aussi plusieurs signalements en Italie. Un autre à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Un badaud l’aurait même aperçu dans une voiture immatriculée en Allemagne. Mais, malgré plusieurs signalements, Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable.

Quatre ans jour pour jour après la découverte des cadavres de son épouse et de ses quatre enfants enterrés sous la terrasse de la maison familiale de Nantes (Loire-Atlantique), la justice n’a toujours aucune certitude sur ce qu’il est advenu du suspect numéro 1 de la tuerie.

«Un suicide ou une fuite»

Après avoir lancé tous les policiers de France à sa recherche, la justice a considérablement réduit la voilure au fil du temps. Pour autant, elle ne ferme aucune piste. «Nous continuons d’envisager deux possibilités, confie ainsi Brigitte Lamy, procureur de la République de Nantes au Figaro. A savoir, un suicide ou une fuite quelque part.»

De fait, un juge d’instruction continue d’enquête sur ce dossier entre autres. «Parce que nous avons toujours espoir de le retrouver, poursuit la procureure. Mais aussi pour repousser le délai de prescription.»

Exfiltré par les autorités américaines

La dernière image de Xavier Dupont de Ligonnès date en effet du 15 avril 2011. Elle a immortalisé le visage du suspect numéro sur le parking d’un hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var). Etranglé financièrement, l’homme avait écrit à plusieurs de ses proches en expliquant que lui et sa famille allaient être exfiltrés par les autorités américaines dans le cadre d’un programme de protection de témoins. Il leur demandait alors de s’occuper de la maison familiale mais de ne pas prêter attention aux «gravats et autres bazars entassés sous la terrasse».

 

 

Une thèse que certains de ses proches ont d’ailleurs longtemps défendue. Persuadée que son frère travaille toujours pour un service de renseignement, Christine de Ligonnès affirme sur un blog que la famille a été assassinée par un tiers qui a voulu faire porter le chapeau à Xavier Dupont de Ligonnès. «Comme on ne le retrouve pas, il reste le coupable idéal faute de pouvoir s’expliquer», assure-t-elle. Seule certitude, la maison où la tuerie a été perpétrée vient, elle, d’être vendue après avoir été inoccupée pendant quatre ans.