La religion s'invite de plus en plus souvent au travail

SOCIETE Cela concerne notamment des demandes d'absence pour une fête ou le port de signes religieux...

20 Minutes avec AFP

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Un pendentif constitué de symboles de différentes religions.
Un pendentif constitué de symboles de différentes religions. — NIVIERE/NIKO/LORENVU/SIPA

Près d'un manager sur quatre est confronté régulièrement au sujet de la religion au travail (demandes d'absence pour une fête, port de signes religieux...), presque deux fois plus qu'un an auparavant, selon une étude rendue publique mardi.

Selon cette enquête de l'institut Randstad et de l'Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFRE), menée pour la troisième année, 23% des managers déclarent rencontrer régulièrement, c'est-à-dire de façon quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, le fait religieux dans l'entreprise. Ils n'étaient que 12% dans ce cas en 2014.

« Banalisation » de ces sujets

Selon les auteurs de l'enquête, ce résultat peut traduire une « banalisation » de ces sujets, les salariés hésitant moins à faire des demandes à leur hiérarchie en lien avec leurs croyances ou pratiques religieuses.

Au global, un manager sur deux a déjà été confronté au moins une fois à la question.

La pratique de votre religion a-t-elle déjà été à l'origine de conflits avec votre employeur?

Les sujets les plus fréquents sont les demandes d'absence pour une fête religieuse (19%), le port de signes religieux (croix, kippa, foulard, turban...) rencontré par 17% des personnes interrogées et les demandes d'aménagement d'horaire (12%).

Certains cas difficiles

Plus rarement les prières pendant les pauses ou pendant le temps de travail, le refus de travailler avec une femme, ou le prosélytisme. Dans l'ensemble, le contexte reste apaisé, notent les auteurs de l'étude, puisque 94% des cas rencontrés n'entraînent ni conflit ni blocage.

Les raisons qui rendent certains cas plus difficiles à gérer sont d'abord les menaces d'accusation de racisme ou de discrimination et la remise en cause de la légitimité de l'entreprise et/ou du manager à contraindre la pratique religieuse.

L'enquête est basée sur un questionnaire en ligne rempli entre février et mars par 1.296 salariés, exerçant pour l'essentiel (93%) des fonctions d'encadrement.