Campagne dénigrant l'eau du robinet: Cristaline condamné

JUSTICE Les prévenus ont été déclarés coupables du chef de «publicité comparative illicite»....

20 Minutes avec agences

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Lille, le 24 fevrier 2013. Illustration sur l'eau du robinet.
Lille, le 24 fevrier 2013. Illustration sur l'eau du robinet. — M.LIBERT/20 MINUTES

Le groupement d'intérêt économique (GIE) Cristaline et la société Neptune, qui gère l'eau de source éponyme, ont été condamnés, ce jeudi, à une même peine de 100.000 euros d'amende pour une campagne de publicité datant de 2007, qui dénigrait l'eau du robinet.

La société Eau de Paris, qui produit et distribue l'eau dans la capitale, avait porté plainte au sujet d'une campagne publicitaire à Paris et en Ile-de-France qui avait fait polémique. En effet, pour vanter les mérites de l'eau de source Cristaline, elle recourait à des slogans tels que «Qui prétend que l'eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent!».

Une amende de 20.000 euros.

Elle montrait également un robinet avec trois flèches rouges pointées vers l'eau qui coulait en indiquant «nitrates», «plomb», «chlore». Enfin, une troisième affiche montrait une cuvette de toilettes barrée d'une croix avec le slogan «Je ne bois pas l'eau que j'utilise».

Les prévenus ont été relaxés du chef de «pratique commerciale trompeuse», mais ont été déclarés coupables du chef de «publicité comparative illicite». Et, outre le GIE Cristaline et la société Neptune, le tribunal correctionnel a condamné la société d'exploitation des sources Roxane et le patron de Cristaline, Pierre Papillaud, chacun à une amende de 20.000 euros. L'agence de publicité Business a également été condamnée à la même peine, son président Eric Bousquet à 5.000 euros d'amende.

50.000 euros de dommages et intérêts à Eau de Paris

Les prévenus devront solidairement verser 50.000 euros de dommages et intérêts à Eau de Paris, la même somme au Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) et un euro à l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Le tribunal a également ordonné la publication d'un communiqué judiciaire faisant état du jugement dans Le Parisien, 20 Minutes et Le Figaro.

Soulignant que «l'eau est un produit vital, rare, de première nécessité», Célia Blauel, adjointe à la mairie de Paris et présidente de la régie publique Eau de Paris a déploré «de manière générale que des entreprises fassent du profit sur l'eau. Lorsqu'elles utilisent le mensonge et la caricature, il est normal qu'elles soient jugées et condamnées. Cette condamnation est exemplaire et je m'en félicite».