Harcèlement sexiste: Quatre idées pour faire cesser les agressions

DECRYPTAGE Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a remis, ce jeudi, des recommandations au gouvernement pour en finir avec le harcèlement sexiste…

Vincent Vantighem

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Campagne de sensibilisation du collectif Stop harcèlement de rue.
Campagne de sensibilisation du collectif Stop harcèlement de rue. — STOP HARCELEMENT DE RUE

«Psst, mademoiselle… Ho, réponds salope!» Ce genre d’agression dans les transports en commun est insupportable. Et bien trop fréquent. Selon le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, 100% des utilisatrices des transports ont déjà été ou seront victimes au moins une fois dans leur vie d’une forme de harcèlement sexiste.

Interview: «Une main aux fesses, c'est cinq ans de prison...»

Pour lutter contre le phénomène, le HCE f/h a donc remis, ce jeudi matin, une série de recommandations au gouvernement pour en finir. 20 Minutes en a sélection quatre, très simples à mettre en place.

Saluant un rapport «de grande qualité», la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncédans la foulée que «le gouvernement» prendrait «des mesures fortes d'ici quelques semaines parce qu'il n'est pas tolérable de ne pas pouvoir prendre un transport en commun sans être importunée».

Imprimer un numéro d’urgence sur les billets  de transport

Ce numéro existe déjà à la SNCF. Il s’agit du 3117. Seul problème, rares sont les voyageurs à savoir qu’il existe. Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes propose donc qu’il soit imprimé sur les billets de transport. «C’est une mesure très simple à mettre en place», justifie Ernestine Ronai, membre du HCE f/h. Elle pourrait être complétée par la création d’une application permettant d’envoyer un SMS en cas d’agression.

Former les chauffeurs de bus et les agents aux guichets

«Certaines femmes considèrent que se faire insulter dans le métro relève de la normalité, déplore Margaux Collet du Collectif ‘’Osez le Féminisme’’. Il faut leur faire prendre conscience que c’est un délit!» Pour cela, il faudrait déjà que les chauffeurs de bus et les personnels qui aiguillent les voyageurs dans les transports soient formés à l’écoute. «Il faut leur apprendre comment écouter et comment réagir en cas d’urgence, abonde Ernestine Ronai. Aucun acte ne doit rester impuni.»

S’arrêter entre deux arrêts pour réduire le sentiment d’insécurité

Le premier arrêt se trouve à 900 mètres de votre maison. Le suivant à un kilomètre… Les Québecois ont trouvé la solution pour réduire le sentiment d’insécurité des voyageuses dans les bus publics. Passée une certaine heure le soir, elles peuvent demander au chauffeur de les déposer «entre deux stations». Le HCE f/h demande donc à ce que ce dispositif soit expérimenté en France. «Cela a l’avantage de rassurer les femmes et pourrait aussi aider les personnes qui ont des difficultés à se déplacer», justifie Margaux Collet.

Rappeler qu’une «main aux fesses, c’est cinq ans de prison»

L’idée émane du Collectif ‘’Stop au harcèlement’’. Et elle est toute simple. La plupart des hommes ne savent pas que traiter une femme de ‘’salope’’ dans un métro est un délit. Ni que mettre une main aux fesses peut être considéré comme une agression sexuelle passible d’une peine de cinq ans de prison et d’une amende de 75.000 euros. «Rappeler cela simplement sur des affiches permettrait déjà de lutter contre le phénomène», assure Ernestine Ronai.

 

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