Fillette tuée à Calais: Les politiques s'interrogent sur le suivi des personnes condamnées

FAITS DIVERS «Tout ce qui doit être amélioré doit l'être, mais jamais dans l'émotion - légitime - et jamais en exploitant un crime aussi atroce», estime le Premier Ministre...

D.B. avec AFP
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Le 16 avril 2015 à l'endroit où Chloé a été enlevée avant d'être tuée, des riverains ont déposé des fleurs en hommage à la petite fille.    AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Le 16 avril 2015 à l'endroit où Chloé a été enlevée avant d'être tuée, des riverains ont déposé des fleurs en hommage à la petite fille. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN — AFP

Le drame de la petite Chloé tuée à Calais mercredi après avoir été enlevée suscite de vives réactions dans la classe politique.

Manuel Valls a assuré jeudi que «toute la vérité sera(it) faite pour comprendre l'itinéraire» du Polonais suspect de la mort de Chloé à Calais, qui avait été expulsé de France à sa sortie de prison. Il a précisé que «le ministre de l'Intérieur était en contact notamment avec son homologue polonais» à ce sujet.

L'agresseur deux fois condamné

L'homme interpellé après l'enlèvement, le viol et l'assassinat mercredi de Chloé, neuf ans, à Calais, un Polonais de 38 ans qui faisait l'objet d'une interdiction de territoire après deux condamnations, avait été remis aux autorités de son pays le 27 mars 2014 après l'émission d'un mandat d'arrêt européen, a indiqué jeudi le procureur de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais).

Interrogé sur de possibles améliorations à apporter à la législation concernant les multirécidivistes, le Premier ministre a estimé qu'«il y a beaucoup de lois qui ont été votées, renforcées pour lutter contre ces criminels, contre ces prédateurs». «Tout ce qui doit être amélioré doit l'être, mais jamais dans l'émotion - légitime - et jamais en exploitant un crime aussi atroce», a-t-il ajouté.

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Les questions sur le suivi des personnes condamnées

La maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, a, elle, mis en cause implicitement les justices française et polonaise. «Après le temps du recueillement viendra le temps des questions parfois embarrassantes », a-t-elle déclaré jeudi lors d'une conférence de presse. «Comment un homme étranger condamné à plusieurs reprises pouvait-il circuler librement à Calais ?», a-t-elle interrogé. «Il y a clairement des dysfonctionnements dans le suivi des récidivistes», a-t-elle poursuivi.

Dans le même esprit, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France a estimé dans un communiqué que ce drame appelait à un changement législatif: «Comment un homme si dangereux, interdit de territoire, s'est-il retrouvé dans la nature pour commettre cet acte horrible ? Ce terrible constat montre qu'il devient urgent de durcir notre législation face à des criminels qui sont devenus de véritables prédateurs qui menacent la sécurité de nos concitoyens (...) Notre pays doit restaurer la double peine pour les étrangers condamnés à de la prison pour les délits graves et surtout le rétablissement des contrôles aux frontières qui permettrait à la France de se protéger d'individus dangereux.»

Marine Le Pen et Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, ont eux aussi appelé à plus de fermeté sur Twitter:

La suppression de la double peine imposée par @NicolasSarkozy nous interdit d'expulser les criminels étrangers. Colère et indignation ! MLP
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) April 16, 2015



Il est temps que le gouvernement comprenne que nous ne pouvons plus laisser de place au laxisme. La tolérance 0 doit être appliquée.
— Christian Estrosi (@cestrosi) April 16, 2015