Des Imsi-catchers ont-ils espionné la Quadrature du Net?

SURVEILLANCE L’association qui s’oppose au projet de loi sur le renseignement assure avoir été espionnée durant une manifestation…

Audrey Chauvet

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Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable.
Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les murs de l’Assemblée nationale ont des oreilles: d’après l’association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet La Quadrature du Net, des imsi-catchers étaient présents lors de la manifestation de ce lundi devant l’Assemblée nationale. Ces «valises espions» capables d’intercepter toutes les données qui transitent dans les téléphones portables des alentours auraient été utilisées pour espionner les communications des manifestants, assure l’association.

«Nous avons pu découvrir que deux Imsi-catchers étaient en fonctionnement autour de l’Assemblée nationale», a déclaré  Adrienne Charnet, la porte-parole de l’association, à France Info. La Quadrature du Net s’oppose au projet de loi sur le renseignement qu’elle considère comme un moyen de mener une «surveillance de masse».

Les Imsi-catcher, des valises-espionnes au cœur des inquiétudes

«On n’a absolument rien à se reprocher»

«On nous dit que les Imsi-catchers sont là pour arrêter les terroristes, et bien là vous avez quelques centaines de personnes qui viennent manifester, on n’a absolument rien à se reprocher et on a l’intégralité de nos téléphones portables, de nos carnets d’adresses, qui sont collectés par ces Imsi-catchers sans le moindre contrôle et sans la moindre capacité de savoir ce qui a été collecté et comment s’y opposer», s’inquiète Adrienne Charnet.

La Quadrature du Net s’oppose au projet de loi sur le renseignement notamment car l’association estime que «les finalités et moyens de la surveillance restent trop larges et mal définis». Elle redoute que «les vies intimes et professionnelles d'activistes, journalistes, avocats, ou de n'importe quel citoyen [puissent] ainsi tomber dans les filets des dispositifs mis en œuvre».