Mort d'un bijoutier à Cannes: Les braqueurs passent devant les assises

JUSTICE Les quatre accusés qui risquent la perpétuité, sont jugés pour «vol avec violence ayant entraîné la mort» et «association de malfaiteurs en vue de commettre un vol en bande organisée»...

20 Minutes avec AFP
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Le 26 novembre 2011 à Cannes, la police enquête après le braquage qui a mal tourné et coûté la vie au bijoutier Thierry Unik. AFP PHOTO / VALERY HACHE
Le 26 novembre 2011 à Cannes, la police enquête après le braquage qui a mal tourné et coûté la vie au bijoutier Thierry Unik. AFP PHOTO / VALERY HACHE — AFP

«Je serai content de les regarder dans les yeux», confie le bijoutier de Cannes Michel Unik. Il fera face jeudi à quatre hommes accusés devant les assises des Alpes-Maritimes d'avoir braqué fin 2011 son frère jumeau Thierry Unik, tué d'une balle dans la tête à 42 ans.

Les quatre accusés qui risquent la perpétuité, sont jugés pour «vol avec violence ayant entraîné la mort» et «association de malfaiteurs en vue de commettre un vol en bande organisée». Leur procès à Nice est prévu du jeudi 16 au vendredi 24 avril.

Michel Unik et son frère travaillaient ensemble dans leur petite bijouterie du quartier populaire de Cannes-La Bocca, partageaient le même appartement.

Bléssé mortellement à la tête

Le 26 novembre 2011, en fin de journée, trois hommes cagoulés font irruption dans la bijouterie Unik, tandis qu'un quatrième fait le guet à l'extérieur. Thierry Unik se trouve à l'intérieur avec sa belle-soeur et deux clients.

Un malfaiteur frappe immédiatement le bijoutier avec le canon de son fusil à pompe, selon les conclusions de l'enquête. Puis son complice  tire un coup avec son pistolet automatique et blesse mortellement à la tête Thierry Unik. Un autre comparse rafle les bijoux en or sur les présentoirs.

«La dernière fois que je les ai vus, ils quittaient le magasin avec des cagoules. J'étais tenu en joue à l'extérieur», se souvient Michel Unik. «J'étais un mort vivant.» Les quatre braqueurs prennent la fuite à bord d'une moto et d'un scooter. Ils seront arrêtés deux mois plus tard, après une enquête express de la police judiciaire de Nice.

Les braqueurs parlent d'une accident

Les agresseurs de la bijouterie Unik ne nient pas leur participation au braquage mais plaident l'improvisation et la morte accidentelle du bijoutier. «Thierry Unik ne s'est pas aplati au sol. L'accusé s'est dirigé vers lui pour lui donner un coup avec la crosse d'un pistolet automatique», explique son avocat, Me Fabien Collado. « Sur la vidéo, le bras du suspectl va du haut vers le bas, c'est un geste pour l'assommer et pas le tuer. La balle est partie accidentellement », affirme Me Collado.

Quant à l'autre braqueur, « il n'était pas prévu qu'il rentre dans la bijouterie, il était censé piloter l'une des motos », précise son avocat Me Luc-Philippe Febbraro. « Dans l'improvisation du moment, il fait un geste menaçant avec la crosse du fusil qu'il applique sur la tempe du bijoutier », minimise Me Febbraro.

«On démontrera que la mort de Thierry Unik n'est pas accidentelle», commente sereinement Patricia Bonzanini-Becker, l'une des avocates des parties civiles.Le procureur de la République avait décrit, il y a trois ans, les quatre protagonistes comme «très violents» même s'ils n'étaient pas des «braqueurs professionnels».