Faire du bénévolat pourrait faire gagner des trimestres de retraite

RAPPORT Un rapport remis mercredi évoque la récompense d'un engagement associatif par un trimestre de retraite...

Anne-Laëtitia Béraud

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Illustration des locaux d'une association parisienne, le 20 février 2013.
Illustration des locaux d'une association parisienne, le 20 février 2013. — A. GELEBART/20 MINUTES/

Le rapport sur «l'engagement citoyen» remis ce mercredi matin à François Hollande évoque longuement les associations. Le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, préconise d’intégrer des périodes de bénévolat dans la validation des trimestres pour toucher une retraite. 20 Minutes revient sur cette idée…

Comment le dispositif fonctionnerait-il?

Vous êtes né(e) à partir de 1973? Depuis la réforme des retraites de 2014, vous devrez avoir validé 172 trimestres (43 ans) pour toucher une retraite à taux plein. Mais si le rapport du président de nationale était mis en pratique, vous engager dans une «association d’utilité civique» pourrait vous faire valider un trimestre dans le calcul de votre retraite. 

De quelles associations parle-t-on?

Il s’agirait d’associations à but non lucratif du type le Secours catholique, les Restos du Cœur ou encore les Blouses roses…

Claude Bartolone veut rendre obligatoire le vote

Combien de temps faudrait-il s’engager dans une association pour bénéficier de cette mesure?

Dans son rapport, Claude Bartolone n’a pas évoqué de durée nécessaire pour obtenir la validation de ce trimestre. Ni le financement de cette préconisation...

Quelles sont les réactions du côté des associations?

A La Mie de Pain, l’idée du bénévolat contre un trimestre de retraite ne suscite pas un grand enthousiasme. «Les gens ne viennent pas dans notre association pour y récupérer quelque chose, comme un trimestre de retraite», explique-t-on tout d'abord. «Ils viennent car ils veulent s’engager et qu’ils ont du temps». Mais cette préconisation pourrait être compliquée à mettre en pratique: «Comment justifier l’engagement des personnes, notamment celles qui sont passées dans l’association il y a plus de quinze ans? Si elle était rétroactive, cette mesure ne serait pas très facile à appliquer chez nous», précise-t-on. 

Selon Marc Avelot, co-directeur du Rire médecin, la mesure pourrait être séduisante: «Le bénévolat est basé sur la bonne volonté, ce qui est différent de la gratuité. L’idée d’un échange, au sein de la société, me paraît intéressante». Cependant, «le diable se loge dans les détails, et la durée de cet engagement n’est pas évoqué. Une expérience trop brève dans notre structure risquerait de ne pas être très performante», ajoute Marc Avelot. 

Au Secours populaire, on insiste sur la «reconnaissance, et non la récompense» d'un engagement associatif dans la validation de trimestres de retraite. Anthony Marque, secrétaire national en charge de la solidarité en France de cette association, explique: «Reconnaître le bénévole est une plus-value pour la société et cette idée d'engagement, que ce soit quelques heures par semaine ou sur plusieurs mois, est bienvenue car chacun a des compétences.» Le responsable associatif ajoute: «Cette idée pourrait être élargie aux personnes en recherche d'emploi. Celles-ci, en faisant du bénévolat, créent du lien social et reprennent confiance en elles. Si elles sont reconnues dans ce qu'elles font tout en bénéficiant d'une expérience pour retrouver du travail derrière, c'est bonus».