A quoi ressembleront les nouveaux programmes scolaires?

EDUCATION Le conseil supérieur des programmes (CSP) chargé de repenser leur contenu a rendu ses préconisations vendredi à la ministre de l’Education...

D.B.
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Des manuels scolaires.
Des manuels scolaires. — CHAMUSSY/SIPA

Trop lourds, trop directifs, trop encyclopédiques… Voilà les principales critiques adressées aux programmes scolaires. Dans le cadre de la refondation de l’école, le gouvernement a prévu de les revisiter pour la rentrée 2016.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) chargé de repenser leur contenu a rendu ses préconisations vendredi à la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem. Celles-ci devraient être discutées avec les syndicats dès cette semaine.

Approche pluridisciplinaire par cycle

Selon Le Monde, le CSP suggérerait de ne plus concevoir un programme sur une année et par discipline, mais de le penser sur un cycle de trois ans (du CP au CE2, du CM1 à la 6e et de la 5e à la 3e) en mélangeant différentes matières.

L’idée est de fixer les compétences que les élèves doivent avoir acquises au bout de chaque cycle, afin de leur imposer moins de pression et de permettre aux enseignants de prévoir une progression dans les apprentissages en fonction du niveau de chacun. Un système qui doit laisser plus de liberté pédagogique aux enseignants et leur permettre de travailler à plusieurs sur des projets transdisciplinaires.

Des débats houleux en perspective

L’ambition des nouveaux programmes est également de les rééquilibrer sur les fondamentaux pour renforcer notamment la maîtrise de la langue française, le niveau de trop nombreux élèves péchant dans ce domaine en fin de primaire, comme l’a révélé l’étude Pisa. La pratique orale sera aussi renforcée. Quant à l'enseignement des mathématiques, il devrait être repensé pour être proposé de manière plus ludique en variant les exercices: calcul mental, résolution de problèmes…

Cette réforme des programmes vise aussi à assurer une meilleure transition entre le primaire et le collège, pour éviter l’impression de fossé que ressentent de nombreux élèves.

Mais une telle révolution culturelle risque de ne pas être du goût de tous les enseignants. Entre les syndicats avant-gardistes qui scrutent sur les pratiques pédagogiques qui ont fait leurs preuves à l’étranger, et ceux, plus conservateurs, qui ont peur que le système éducatif français soit dénaturé, le débat s’annonce animé. Pour mettre d’accord tous les représentants du système éducatif, un compromis sera sans doute trouvé.