Trafic présumé de bébés: Jusqu'à 5 ans pour les vendeurs, du sursis pour les acheteurs

JUSTICE Quatre Roumains étaient accusés d'avoir organisé un trafic de bébés revendus à des membres de la communauté des gens du voyage...

20 Minutes avec AFP

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Un bébé nouveau-né (illustration).
Un bébé nouveau-né (illustration). — DIDIER PALLAGES / AFP

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné mercredi quatre Roumains accusés d'avoir été les organisateurs d'un trafic de bébés revendus à des membres de la communauté des gens du voyage à des peines allant de 18 mois à 5 ans de prison ferme. Ces peines, visant quatre hommes âgés de 25 à 42 ans et qui comparaissaient détenus, ont été assortis d'interdiction du territoire de 5 à 10 ans.

«C'est une décision historique, c'est la première fois qu'un tribunal reconnaît la traite d'être humain», des faits pour lesquels les quatre prévenus qui comparaissaient ont été condamnés, a salué Frédéric Asdighikian, qui représentait les intérêts d'un des enfants vendus.

5 ans de prison et 10 ans d'interdiction du territoire

Ilie Ionita et son beau-frère Valeriu Rosu, présentés par l'accusation comme les têtes d'un réseau qualifié de «particulièrement bien structuré» par la juge d'instruction, ont été condamnés à 5 ans de prison et 10 ans d'interdiction du territoire.

Deux autres beaux-frères d'Ilie Ionita, Florin Coman et Florian Stan, ont respectivement été condamnés à 2 ans et 18 mois de prison, avec une interdiction de territoire de 5 ans.

A l'encontre de ces quatre hommes qui ont multiplié via leurs interprètes les dénégations évasives ou peu crédibles, le procureur Ahmed Chafai, dépeignant «une monde interlope à la limite du mafieux» et la «création d'une usine à bébés», avait requis 7 ans de prison.

«ce n'est pas possible d'acheter des enfants»

Face à eux comparaissaient deux couples d'acheteurs, Mike et Carmen Gorgan et Marius Demestre et Kelly Sara. Pour ces «malheureux complices», le procureur avait requis 2 ans de prison.

«Quelles que soient les souffrances endurées par ces deux familles qui ont pris les enfants, ce n'est pas possible d'acheter des enfants», avait lancé le procureur Ahmed Chafai. «Il y a un principe sur lequel je ne peux pas monnayer, c'est le respect de la vie et de la dignité humaines», a-t-il poursuivi.

Tous issus de la communauté des gens du voyage, les quatre jeunes gens étaient stériles. «Ce dossier, c'est la rencontre entre entre la misère matérielle (des quatre Roumains «vendeurs») et la misère humaine de ceux-là, qui n'ont pas d'enfants», a lancé au cours de sa plaidoirie Patrick Gontard, l'avocat de Mike Gorgan.

Finalement, les quatre acheteurs ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis.