Allocations familiales: Les perdants de la modulation

AIDES SOCIALES A partir de juillet, les prestations familiales seront divisées par deux à partir de 6.000 euros de revenus nets par mois, et par quatre dès 8.000 euros. Qui sont les perdants?...

Fabrice Pouliquen

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La Caisse des allocations familiales de la rue de Berne à Strasbourg. (Illustration)
La Caisse des allocations familiales de la rue de Berne à Strasbourg. (Illustration) — G . VARELA / 20 MINUTES

Il y aura du nouveau au 1er juillet prochain dans le versement des allocations familiales en France. Une mesure, contenue dans la loi des finances de la Sécurité sociale, prévoit d’instaurer deux plafonds de revenus à partir desquels les montants des allocations versées seront revus à la baisse. Pour un couple avec deux enfants gagnant plus de 6.000 euros nets par mois, les revenus seront divisés par deux et même par quatre pour un couple avec deux enfants gagnant plus de 8.000 euros. Chaque enfant supplémentaire éleve ce plafond de 500 euros.

Entre 600.000 et 505.000 familles touchées selon les estimations

Cette réforme devait concerner environ 600.000 familles, est-il estimé dans le rapport de la députée PS Marie-Françoise Clergeau sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Soit environ 12% des foyers touchant des allocations familiales, qui étaient au nombre de 5 millions en 2014.

Mais, selon les Echos, qui cite une note confidentielle de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), le nombre de familles devrait être un peu moins important. Cette note interne avance en effet le chiffre de 505.000 familles touchées, soit 10 % des 5 millions d’allocataires. 

Les deux tiers des ménages perdants (64%) sont des couples avec deux enfants, 23% des couples avec trois enfants, poursuit Les Echos. Seulement 2% des familles monoparentales voient leurs allocations réduites. Cette réforme sera aussi très pénalisante pour les familles nombreuses. Celles dont les allocations sont divisées par quatre vont perdre en moyenne 1,21% de leur revenu avec deux enfants, 2,76% pour trois enfants, et 3,84% pour quatre enfants, calcule le quotidien économique.

«Un racket familial du gouvernement»

L’UMP dénonce déjà, dans un communiqué, «le racket familial du gouvernement». «En modifiant le quotient familial, en baissant le montant des allocations, en pointant du doigt ceux qui préparent l'avenir, François Hollande a annihilé une politique publique volontariste qui faisait pourtant l'admiration de tous nos voisins européens», écrit Valérie Debord, secrétaire nationale de l’UMP chargée de la Famille.