Perturbations dans les aéroports: Pourquoi les contrôleurs aériens font grève

SOCIAL 40% des vols ont été supprimés par les compagnies aériennes ce mercredi…

W.M.

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Un contrôleur aérien gère l'arrivée des vols depuis la nouvelle tour de contrôle de l'aéroport de Manchester, en Angleterre, le 25 juin 2013
Un contrôleur aérien gère l'arrivée des vols depuis la nouvelle tour de contrôle de l'aéroport de Manchester, en Angleterre, le 25 juin 2013 — Paul Ellis AFP

Le ciel est fortement perturbé ce mercredi. Et il devrait l’être à nouveau jeudi. La grève de deux jours lancée par le syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA, majoritaire) n’a cependant pas entraîné de pagaille puisque l’aviation civile (DGAC) avait demandé en amont aux compagnies de supprimer 40% de leurs vols.

La grève avait initialement été programmée fin mars mais avait été repoussée en raison du crash de l’A320 de la compagnie Germanwings. Pourquoi les contrôleurs aériens font-ils grève, de surcroît sur une période de «grands week-ends et de vacances scolaires», ce qu’a condamné la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam)? Réponses avec Antoine Boulet, secrétaire national du SNCTA.

S’adapter au trafic aérien

Selon les contrôleurs aériens, la nature du trafic a évolué ces dernières années. «On doit faire face à des périodes de creux très marquées et d’autres, très surchargées», explique le syndicaliste. L’aviation civile et les autorités demandent aux contrôleurs aériens de s’adapter à ces nouvelles exigences et donc, de travailler davantage les week-ends et lors des vacances scolaires, marqués par des pics de fréquentation. «Il y a des blocages. On n’est pas hostiles au fait de travailler différemment, mais tout cela se négocie et pour l’instant, il n’y a pas d’ouverture de négociation.»

La «surréglementation» européenne

Régulièrement, les contrôleurs aériens doivent renouveler leurs licences, régies par l’Union européenne. Des contrôles qui sont censés garantir le niveau de compétence des agents. Le syndicat majoritaire dénonce «l’amoncellement de nouveaux règlements européens […] qui fait peser, sans réelles justifications, des contraintes lourdes sur ce qui constitue [leur] permis de travail».

Une retraite à 59 ans

«Le métier de contrôleur aérien consiste à donner en temps réel aux pilotes d’avion des informations sur le cap, l’altitude et la vitesse et les séquencer vers les pistes d’atterrissage», rappelle Antoine Boulet. Dans le cadre de la loi sur l’allongement de la durée de cotisation, la retraite des contrôleurs aériens est passée de 57 à 59 ans. «Nous sommes le seul pays d’Europe occidentale à autoriser aux contrôleurs de travailler jusqu’à cet âge. Les charges de travail sont importantes. Il y a un vrai problème de capacité à exercer le métier à mesure que l’âge avance.»