Le «fait maison» redéfini par un décret d'ici la fin avril

ALIMENTATION Ce label que pouvaient afficher les restaurateurs depuis juillet était trop ambigu...

O. G.

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Illustration d'un restaurant à Paris.
Illustration d'un restaurant à Paris. — Michel Euler/AP/SIPA

Révolution du côté du label «fait maison»? Le Monde révèle qu’un décret devrait modifier la définition de ce label. Avec pour date la fin avril. En effet, un premier décret en juillet 2014 élargissait ce «fait maison» aux surgelés. En clair, les plats pouvaient obtenir le sésame à condition de cuisiner sur place à partir de «produits bruts ou de produits traditionnels de cuisine». Des «aliments qui n’avaient pas subi de modification». Un texte trop ambigu pour les restaurateurs.

Exit les surgelés

La secrétaire d’Etat au commerce et à l'artisanat, Carole Delga a donc annoncé quelques changements d'ici la fin avril. Et notamment va remplacer la notion de «produits bruts par produits crus», dévoile le quotidien du soir. Exit donc les surgelés. Parmi les autres simplifications, ce décret devrait limiter la liste des exceptions, ainsi les pâtes feuilletées n’en feront plus partie. Autre changement de taille: interdiction pour un plat labellisé «fait maison» de n’offrir dans l’assiette que des exceptions. Enfin, un logo sera plus facilement repérable pour les gourmands avides de fraîcheur: un toit de maison posée sur une casserole devrait fleurir sur nos cartes de restaurant.

Par ailleurs, si le restaurateur souhaite utiliser une boule de glace Berthillon pour agrémenter la tarte tatin qu'il aura faite lui-même, il pourra indiquer que sa tarte est «faite maison» mais devra mentionner sur son menu que la glace a été fabriquée par la maison Berthillon.

Rassurer les clients

De là à rassurer les clients sur la qualité des produits? Pas sûr. L'UFC-Que Choisir, se montre un peu sceptique: «il y a toujours la possibilité d'utiliser des produits frais pelés, tranchés, coupés, etc.. qui figuraient dans la première version. Quel est l'apport réel du professionnel lorsqu'il aura pu déléguer tellement d'étapes de sa cuisine à des industriels?», interroge-t-il. Et d'ajouter que «le travail global du restaurateur est aussi dans le choix et l'achat des ingrédients bruts».

Par exemple, une salade en sachet agrémentée d'une vinaigrette élaborée sur place pourra encore être considérée comme faite maison...