Procès des attentats de Boston: Comment Tsarnaev cherche à échapper à la peine de mort

ETATS-UNIS Le jeune Américain est notamment accusé d’avoir fait exploser deux bombes sur la ligne d’arrivée du marathon en avril 2013...

Nicolas Beunaiche

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Djokhar Tsarnaev (au centre) lors de son procès à Boston, le 5 mars 2015.
Djokhar Tsarnaev (au centre) lors de son procès à Boston, le 5 mars 2015. — Jane Flavell Collins/AP/SIPA

Que peut encore espérer de la justice un accusé qui a reconnu avoir tué trois personnes et en avoir blessé 264? La question agite la ville de Boston, où a lieu depuis un mois le procès de Djokhar Tsarnaev, le jeune Américain accusé d’avoir ensanglanté le marathon de la ville le 15 avril 2013.

Ce mardi, commencent les délibérations du jury, dont le rôle est de décider de la culpabilité de Tsarnaev pour chacun des 30 chefs d’accusation retenus contre lui, dont dix-sept sont passibles de la peine de mort. A cette étape qui devrait sans nul doute déboucher sur l’affirmation de la culpabilité de Tsarnaev, succédera la seconde phase du procès, au terme de laquelle les douze membres du jury devront définir sa condamnation. Peut-il échapper à la peine capitale? Ses avocats ont en tout cas déjà commencé à préparer le terrain en avançant trois arguments.

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L’idéologue, c’était Tamerlan

«[Les deux frères] étaient des personnes différentes qui pensaient différemment, agissaient différemment et avaient un rôle différent dans la conspiration», a expliqué Judy Clarke, l’une des avocates de Djokhar Tsarnaev. «Tamerlan dirigeait et Djokhar suivait», a-t-elle précisé. Ce dernier n’était qu’un jeune «attiré vers la passion et les opinions de son frère aîné, alors qu'il vivait une vie d'adolescent», a poursuivi Judy Clarke. De fait, explique-t-elle, c’est bien sur l’ordinateur de Tamerlan qu’a été téléchargé le magazine Inspire d’Al-Qaida, le 21 décembre 2011, selon un expert. Et c’est sur ce même ordinateur qu’ont été retrouvées des vidéos de l'imam Anouar Al Aulaqi, responsable décédé de la filière yéménite d'Al-Qaida. Pendant ce temps, les principaux sites Internet fréquentés par Djokhar avant les attentats étaient Facebook et son équivalent russe.

Toute la préparation des attentats est l’œuvre de Tamerlan

Parmi les cinq millions de documents retrouvés sur l’ordinateur du frère aîné, des recherches accablantes ont été mises au jour. Selon un expert en informatique cité par la défense, Tamerlan a notamment tapé dans les champs de recherche «marathon de Boston», «détonateur», «magasins d’armes», «système de mise à feu» ou encore «comment faire une bombe dans la cuisine de votre mère». Aucune recherche de ce genre n’a été détectée sur l’ordinateur de Djokhar. De même, la localisation de ce dernier par son téléphone portable et son badge à l’université, au moment de l’achat des cocottes-minute puis des armes à air comprimé, montre qu'il n'était pas avec Tamerlan. Une experte du FBI a enfin expliqué que seules les empreintes de l’aîné avaient été retrouvées sur de nombreuses pièces à conviction (un bocal de clous, des reçus, des carnets de note, un détonateur, du ruban adhésif…).

Djokhar n’a joué qu’un rôle mineur dans l’exécution du plan

Les avocats du benjamin de la fratrie n’ont pas cherché à nier l’implication de Djokhar dans les événements d’avril 2013. Mais ils ont tout de même tenté de minimiser son rôle. Accusé notamment d’avoir délibérément placé l’une des deux bombes derrière un groupe d’enfants, il a répondu, par la voix de Judy Clarke, que son positionnement était totalement aléatoire, qu’il s’était tout simplement arrêté au niveau d’un arbre. Son avocate a aussi plaidé le fait que Djokhar n’avait ni tué ni blessé personne lors de la fuite des deux frères. Sur la base de témoignages, elle a ainsi expliqué que c’était Tamerlan qui avait tué l’officier de police sur un campus, et non son client. De même, elle a balayé l’accusation de blessure infligée à un autre officier en suggérant que cet agent pourrait très bien avoir été blessé par des propres collègues.