Crash d’un avion A320: A quoi va servir la seconde boîte noire retrouvée?

CATASTROPHE Ce dispositif pourrait être décisif dans l’enquête sur le crash du vol de Germanwings...

Nicolas Beunaiche

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Des gendarmes sur le site du crash de l'A320 de Germanwings à Seyne-les-Alpes, le 31 mars 2015.
Des gendarmes sur le site du crash de l'A320 de Germanwings à Seyne-les-Alpes, le 31 mars 2015. — Ministere de l'Interieur/SIPA

L’enquête sur le crash de l’A320 de Germanwings avance à grands pas. Après plusieurs jours de révélations et de controverses, les enquêteurs ont retrouvé ce jeudi un élément clé de l’avion qui devrait mettre un terme à une partie des spéculations: la seconde boîte noire.

Alors que le CVR (Cockpit Voice Recorder) a pour fonction d’enregistrer des données audio, cet autre dispositif, appelé FDR (Flight Data Recorder), sert à enregistrer tous les paramètres de vol d’un avion sur une durée de 25 heures de vol. «Des milliers de données techniques y sont collectées», explique Ronan Hubert, expert en accidentologie aérienne.

Andreas Kubitz accablé?

«Le FDR renseigne sur l’altitude, la trajectoire et la vitesse, mais pas seulement, complète Robert Galan, ancien pilote et désormais expert aéronautique. Il donne aussi des indications sur les systèmes hydrauliques et électriques de l’avion, les gouvernes, les entrées de commande…» Autrement dit, «s’il y a eu un problème technique ou une erreur de pilotage, cette seconde boîte noire le dira», précise Ronan Hubert. Et si un ordre a été envoyé au manche –une descente par exemple-, elle le dira également.

Ce détail a son importance dans le cas du crash de l’A320 de Germanwings. Car l’analyse des données du FDR pourra déterminer avec certitude si quelqu’un dans le cockpit a bien ordonné à l’Airbus de descendre jusqu’à s’écraser dans le massif des Trois-Evêchés.

Dans une enquête où les informations se succèdent, sans parfois de confirmations, la seconde boîte noire pourrait ainsi corroborer la piste d’un geste volontaire du copilote évoquée par le procureur de la République de Marseille. Ce jeudi, cette thèse a d’ailleurs pris de l’épaisseur avec la découverte de recherches effectuées par Andreas Lubitz sur Internet au sujet du suicide et des portes blindées de cockpit.