Tarbes: Le maire UMP Gérard Trémège mis en examen pour prise illégale d'intérêt et trafic d'influence

JUSTICE Le maire a été remis en liberté sous contrôle judiciaire

20 Minutes avec AFP

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Le maire UMP de Tarbes Gérard Trémège dans sa ville le 7 février 2008
Le maire UMP de Tarbes Gérard Trémège dans sa ville le 7 février 2008 — Pascal Pavani AFP

Le maire UMP de Tarbes, Gérard Trémège, a été mis en examen jeudi «pour prise illégale d'intérêt, favoritisme et trafic d'influence passif au profit d'entreprises locales», ce qu'il conteste formellement, a indiqué à une correspondante de l'AFP son avocat, Me Didier Seban.

Son épouse mise en examen mercredi pour «recel de prise illégale d'intérêt»

Le maire de Tarbes avait été placé en garde à vue mardi matin, de même que sa compagne, Isabelle Bonis, directrice de la Société d'économie mixte de construction de la ville, son adjoint en charge de l'urbanisme Michel Forget, quatre chefs de service de la municipalité, l'architecte Joris Ducastaing et l'ancien directeur général des services de Gérard Trémège, Michel Caillaud. Selon une source judiciaire, Isabelle Bonis a été mise en examen mercredi pour «recel de prise illégale d'intérêt» et le chef des services de la voirie pour «trafic d'influence passif». Michem Forget et trois autres chefs de service l'ont été pour complicité et/ou recel de trafic d'influence et de prise illégale d'intérêt, selon les cas.

Quant à l'architecte Joris Ducastaing, il a lui aussi été mis en examen, pour des chefs qui n'étaient pas encore connus jeudi à la mi-journée. Ils ont tous été laissés libres et placés sous contrôle judiciaire.

Il peut continuer à exercer sa fonction de maire

Gérard Trémège a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, une mesure «qui ne l'empêche pas d'exercer son mandat de maire», a assuré l'avocat parisien. Selon lui, son client «reconnaît des erreurs possibles dans la passation de marchés publics mais nie toute volonté de "système Trémège"» dans ce dossier, qui porte notamment sur la revente de terrains et biens immobiliers par la municipalité.

Le maire «conteste tout»

Selon Me Seban, Gérard Trémège est «heureux de s'expliquer» dans un dossier «qu'il ne connaissait que par la presse». «Il est très en colère du traitement qui lui a été infligé, 48 heures de garde à vue, et conteste tout», a précisé son avocat. Le maire nie notamment avoir reçu des cadeaux ou des voyages en échange de marchés ou de faveur, et va faire appel de sa mise en examen et de son contrôle judiciaire, a annoncé son défenseur. Les auditions ont eu lieu dans le cadre de l'information judiciaire qui a été ouverte contre X en septembre 2013, à Pau, au sujet de faits présumés de prise illégale d'intérêt et de recel, ainsi que «d'atteinte à l'égalité des candidats dans les marchés publics (favoritisme)».

Selon une source proche du dossier, l'enquête concerne les conditions de réalisation de marchés publics mais également la cession d'une maison par la mairie à vil prix, revendue ensuite beaucoup plus cher après avoir été transformée par la compagne du maire.