Un policier du Raid raconte l'assaut de l'Hyper Cacher

ATTENTAT Le policier d'élite a affronté Amédy Coulibaly porte de Vincennes...

O. G.

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Illustration: un policier du RAID.
Illustration: un policier du RAID. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Son prénom restera secret. Son histoire, celle d’un des membres du Raid qui est intervenu lors de la prise d’otages de l’Hyper Casher, en revanche est révélée par Le Parisien de ce jeudi. Le quotidien publie une interview exclusive de celui qui s’est retrouvé en premier face à Amedy Coulibaly. Le trentenaire raconte que lui et ses collègues étaient en train de déjeuner quand leurs bips se sont mis à sonner. Direction porte de Vincennes. Avant d'attendre pendant de trois heures l'ordre de donner l'assaut: «Là, arrêtés sur le périphérique, on a attendu les instructions en discutant de tout et de rien.», raconte le trentenaire au Parisien. Il prendra ensuite, avec son bouclier, la tête de la colonne chargée d'entrer dans le supermarché casher.

«Cela a presque été facile de rouvrir nos portes»: retrouvez notre reportage lors de la réouverture de l'Hyper casher

«S'adapter, sachant que la vie des otages prime»

Ses missions? «Tout d'abord protéger avec mon bouclier le collègue chargé d'ouvrir le rideau métallique de l'entrée. A mesure qu'il se lève, je sais que le risque de tirs grandit. Notre priorité, c'est surtout de préserver la vie des otages, d'autant que nous ne savons pas où ils se trouvent.» Et le trentenaire d’expliquer comment le Raid doit gérer ce genre d’opération périlleuse: «Une fois le rideau levé, il faut analyser le maximum d'éléments en un minimum de temps, puis s'adapter, sachant que la vie des otages l'emporte sur tout le reste. C'est pour cette raison que la colonne d'assaut casse, et que l'on ne rentre pas tous ensemble au même moment.»

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Le policier du Raid blessé

Et le super flic de raconter minute par minute le dénouement de la prise d’otage: «Je rentre dans le magasin, j'aperçois les otages sur ma gauche. Il [Amédy Coulibali] tire ses premières balles qui viennent se loger dans mon bouclier. Je continue à avancer en ripostant, puis je me décale dans l'allée vers la droite, à l'opposé des otages afin qu'ils ne soient pas pris pour cible. Il avance alors vers moi en continuant à tirer et je reçois une balle (freinée par le gilet pare-balles, elle l'a malgré tout blessé, provoquant d'importantes brûlures). La fusillade s'intensifie, puis mes collègues postés derrière ouvrent le feu à leur tour. Lui avance toujours vers l'entrée avant d'être happé par leurs balles.»

L'assaut avait déjà été raconté

La police nationale avait recueilli dès le 9 janvier, le témoignage du commandant T., membre du Raid depuis 20 ans, qui confiait avoir participé à «une de ses plus belles opérations». Au milieu de ses coéquipiers dans la colonne d'assaut, le policier d'élite raconte visage caché, la tension qui monte avant l'attaque, les balles qui fusent et le courage des policiers abattus lors des attentats.