Soupçons de pédophilie dans l’Education nationale: Les signalements se multiplient

JUSTICE Najat Vallaud Belkacem, la ministre de l’Education nationale, a reconnu que «quatre à cinq» signalements étaient remontés suite à l’affaire de Villefontaine (Isère)…

Vincent Vantighem

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Des gendarmes devant l'école de Villefontaine où exerçait le directeur d'école soupçonné de viols le 24 mars 2015
Des gendarmes devant l'école de Villefontaine où exerçait le directeur d'école soupçonné de viols le 24 mars 2015 — Philippe Desmazes AFP

Marly (Moselle), Orgères (Ille-et-Vilaine), Orgeval (Yvelines)Les signalements concernant des soupçons de pédophilie dans l’Education nationale se multiplient une semaine après l’interpellation d’un directeur d’école de Villefontaine (Isère), mis en examen pour «viols» et «agressions sexuelles» sur plusieurs de ses élèves de CP.

Pédophilie: Quatre à cinq cas recensés par l'Education nationale

Si Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale, s’est félicitée, d’une certaine manière, que «la parole se libère», «les parents qui confient chaque jour leurs enfants aux écoles de France sont aujourd’hui plongés en plein désarroi», assure, de son côté, Christiane Ruel, porte-parole de l’association Enfance et Partage. 20 Minutes fait le point sur toute cette affaire.

Quelles affaires ont fait l’objet d’un signalement?

«L’affaire de Villefontaine n’est malheureusement pas un cas isolé», a reconnu la ministre. Le rectorat de Rennes (Ille-et-Vilaine) a annoncé, mardi, la suspension «immédiate» d’un professeur d’EPS travaillant à Orgères, condamné en 2006 pour «détention d’images pédopornographiques».

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En Moselle, c’est un enseignant de 60 ans de Marly qui a été placé en garde à vue pour des «propositions déplacées» à une élève avant d’être remis en liberté dans l’attente d’investigations complémentaires. Selon Itélé, il aurait envoyé à une de ses élèves de 14 ans des photos de lui dénudé.

Marly: Un enseignant interpellé pour «propositions déplacées»

Enfin, dans les Yvelines, un instituteur en charge d’une classe de CM1 a été suspendu après avoir été mis en examen pour des «agressions sexuelles» qui auraient été commises sur une fillette de six ans entre 2011 et 2012, en dehors du cadre professionnel.

Pourquoi l’Education nationale ne les a-t-elle pas suspendus plus tôt?

Car le ministère ignorait les faits qui leur sont reprochés. Et c’est tout le problème. Reconnaissant des «dysfonctionnements», Najat Vallaud-Belkacem a expliqué que les informations recueillies par la justice n’étaient pas systématiquement transmises à l’Education nationale. «La non-transmission est plus fréquente que nous ne le pensions», a admis la ministre. Ainsi, à Orgères, c’est une fédération de parents d’élèves qui a prévenu récemment le rectorat des soupçons pesant sur le professeur d’EPS.


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Accompagnée de Christiane Taubira, la Garde des Sceaux, la ministre de l’Education a donc lancé une inspection administrative conjointe dont les premiers résultats sont attendus le 30 avril sur tous ces signalements.

Peuvent-ils être révoqués dès la connaissance des faits?

Heureusement, chacun a le droit à la présomption d’innocence. Mais si tous ces enseignants sont condamnés par la justice, l’Education nationale a la possibilité de les révoquer immédiatement. Pour cela, le ministère s’appuie sur l’article L 911-5 du code de l’éducation qui prévoit que «sont incapables de diriger ou de travailler dans un établissement d’enseignement, à quelque titre que ce soit, ceux qui ont subi une condamnation judiciaire pour crime ou délit contraire à la probité et aux mœurs». C’est sur le fondement de cette loi que le directeur de Villefontaine a été révoqué mardi.

Faut-il craindre d’envoyer son enfant à l’école?

«Les parents peuvent légitimement se poser cette question», souffle Christiane Ruel, porte-parole d’Enfance et Partage. Raison suffisante, selon elle, pour «faire le ménage» et «mettre à l’écart les quelques brebis galeuses». Si le ministère a reçu quatre à cinq signalements, il compte 800.000 enseignants dans ses rangs à travers toute la France.