Pénalités de campagne réglées par l'UMP: Que reproche-t-on à Nicolas Sarkozy?

JUSTICE Nicolas Sarkozy a été placé mercredi sous le statut de témoin assisté...

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

— 

Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, le 29 mars 2015 à Paris.
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, le 29 mars 2015 à Paris. — Thibault Camus/AP/SIPA

Le souffle de la victoire aux départementales à peine retombé, les procédures judiciaires visant le président du parti Nicolas Sarkozy reprennent. Il était, ce mercredi, chez les juges d'instruction pour ses pénalités réglées par l'UMP.  A l'issue de son interrogatoire de première comparution, il a été placé sous le statut de témoin assisté. Tout comprendre à cette enquête en cinq questions-réponses…

Pourquoi Nicolas Sarkozy est chez le juge ce mercredi?

L'ancien président est au pôle financier de Paris ce mercredi. Il a été entendu par les juges dans l'enquête sur les pénalités payées par l'UMP en octobre 2013 après les sanctions qui lui ont été infligées pour le dépassement du plafond de dépenses de sa campagne présidentielle de 2012.

Comment a débuté cette affaire?

Le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 pour dépassement avait privé l'UMP du remboursement de plus de dix millions de frais de campagne. Le Conseil constitutionnel avait aussi ordonné à l'ancien prétendant à l'Elysée la restitution à l'Etat d'une avance forfaitaire de 153.000 euros et lui avait infligé une pénalité de 363.615 euros, correspondant au dépassement constaté.

Or, le fait pour l'UMP d'avoir pris en charge ces frais peut constituer un abus de confiance, car les pénalités visaient le candidat lui-même et l'argent du parti aurait ainsi été détourné à son profit. A l'époque, pour se renflouer, l'UMP, très endettée, avait lancé une grande souscription auprès de ses militants, le «Sarkothon».

Qui sont les autres personnes impliquées et pourquoi?

Les juges d'instruction ont déjà mis en examen pour «abus de confiance» l'ex-patron de l'UMP Jean-François Copé et sa trésorière de l'époque Catherine Vautrin. Ils ont aussi placé sous le statut de témoin assisté l'ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, et l'avocat Me Blanchetier.

C'est notamment sur la foi de l'analyse de ce juriste de l'UMP que le parti avait pris en charge les pénalités. Mais en juin 2014, après l'affaire Bygmalion et la lutte de pouvoir qui s'en est ensuivie à l'UMP entre François Fillon, Alain Juppé et Jean-François Copé, cet avis avait été contesté par un autre avocat proche de l'ex-Premier ministre. Dans la foulée, les commissaires aux comptes de l'UMP ont signalé les faits au parquet de Paris, qui avait ouvert une enquête. Début décembre, revenu à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'était résolu à rembourser la somme de 363.615 euros, un acte qui n'a pas arrêté le cours de l'enquête.

Que peuvent faire les juges?

Les juges avaient la possibilité de mettre en examen l'ancien chef de l'Etat ou de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté. Ce statut est intermédiaire entre celui de témoin simple et de mis en examen, retenu pour les personnes sur lesquelles pèsent des indices graves ou concordants. Depuis qu'il a quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy et certains de ses proches ont déjà été inquiétés par plusieurs affaires, qui risquent de devenir des obstacles.

Quelles sont les principales réactions ce mercredi?

Mercredi, très peu de responsables de l’UMP ont souhaité réagir à l’audition du président du parti. Seul le candidat à la primaire à droite de 2016 Alain Juppé a souhaité que Nicolas Sarkozy fasse «prévaloir son bon droit». «Je n'ai pas de jugement à porter sur la manière dont fonctionne la justice», a ajouté l'ancien Premier ministre.