Meurtres en série dans l’Essonne: Les explications imaginaires de Yoni Palmier

JUSTICE Le tueur en série a continué de nier les assassinats dont il est accusé à l’ouverture de son procès…

A Evry (Essonne), William Molinié

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Croquis d'audience de Yoni Palmier lors de son procès aux assises d'Evry, le 31 mars 2015.
Croquis d'audience de Yoni Palmier lors de son procès aux assises d'Evry, le 31 mars 2015. — Benoit Peyrucq AFP

«C’était ça le but du délire.» Au premier jour de son procès devant les assises d’Evry, Yoni Palmier, surnommé le «tueur de l’Essonne», a livré des explications sommaires et très souvent insensées. Pull gris, la plupart du temps les mains dans les poches, l’air désinvolte, l’homme de 36 ans a continué de nier catégoriquement les quatre assassinats dont il est accusé, survenus entre novembre 2011 et avril 2012 avec la même arme à quelques kilomètres d’écart dans le nord de l’Essonne.

«Je me sens concerné par ces assassinats, mais je n’en suis pas l’auteur», a contesté dans la matinée celui qui se présente avec l’étiquette de tueur en série. Avant de préciser, au cours de l’après-midi, qu’il estimait être désormais «complice».

LES FAITS - Yoni Palmier face à la cour d'assises

«Des gens m’ont vengé»

Sa défense emprunte des sentiers difficilement audibles au regard d’un dossier accablant. Selon lui, quatre autres personnes, un groupe d'individus, auraient voulu le venger de prétendues violences qu’il aurait subies. Mais, peinant à retrouver ces agresseurs, ses «amis» auraient alors décidé de s’en prendre à des quelconques inconnus dans la rue.

«Des gens m’ont vengé. Je ne leur ai pas dit de le faire, mais j’ai adhéré. C’est pour cela que je me sens responsable de ces faits. J’ai laissé faire alors que je savais», souffle-t-il. «Il est temps de nous en dire un peu plus», tente l’avocat d’une partie civile. «Que voulez-vous que je dise», répond, laconiquement, Yoni Palmier qui retourne se murer dans son silence et ses dénégations. «On se contentera de ça», soupire Hervé Stéphan, le président du tribunal.

PORTRAIT - Qui est Yoni Palmier?

«Un dialogue de sourds»

Les familles des victimes doivent se satisfaire pour l'heure de bribes de vérité que l'accusé livre parfois dans ses scénarios imaginaires. Comme quand il s'envoie en détention, pour tenter de se dédouaner, une lettre qu’il a lui même écrite et dans laquelle il met en scène une tierce personne qui s’accuse des assassinats.

Lorsque le président lui fait remarquer que la description de l’enchaînement des faits est très précise, Yoni Palmier se renferme derrière des soupirs, réajuste son t-shirt dans son jean, et lâche un redondant et désormais habituel «Je ne sais pas». «C’est un dialogue de sourds, comme cela l’a toujours été à l’instruction», s’exaspère l’avocate générale.

Qui sont les victimes du "tueur de l'Essonne"?

Interpréter les silences

Entre l’accusé et ses conseils, les échanges ne sont pas plus fructueux. Même quand Me Aurélie Bousquet, sans doute pour tenter de le faire parler en jouant sur la confiance, l’appelle par son prénom et le tutoie devant les bancs de la partie civile, médusée. Palmier ne s’épanchera pas plus.

Les jurés vont devoir lire entre les lignes. Démêler les mensonges. Et surtout interpréter les silences de l’accusé qui, à la fin de cette première journée d’audience, laisse l’impression d’un adolescent qui n’aurait pas grandi, empêtré dans un mensonge qu'il devra inéluctablement avouer. Yoni Palmier, reconnu comme responsable pénalement après plusieurs enquêtes psychologiques, risque la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict le 17 avril.