Illustration poisson d'avril.
Illustration poisson d'avril. — C. GONTHIER/20 MINUTES

HUMOUR

Poissons d'avril: Les canulars font toujours des émules

Les blagues et gags du 1er avril sont loin d'être ringards. Les médias et les entreprises n'hésitent pas à jouer les plaisantins...

Poisson dans le dos, blagues aux proches ou aux collègues, fausses infos dans les médias… Depuis des siècles, le 1er avril est le jour où toutes les facéties sont permises. Mais cette tradition répandue dans le monde entier n’aurait-elle pas perdu de sa vigueur alors qu’Internet est devenu une grande cour de récréation? Pas franchement, à en croire le nombre de sites qui proposent des blagues prêtes à l’emploi pour le jour J. Planet.fr explique ainsi comment fabriquer un faux insecte à coller à l’abat-jour, comment emballer la voiture d’un proche… ou comment faire un faux caca en pâte à modeler à placer sur la cuvette des toilettes.

Des blagues de potache, un poil régressives, qui amusent toujours les adultes à en croire Laurent Gaulet, auteur de L'officiel de l'humour 2015: «Ceux qui en font sont habitués à manier l’humour. Et les blagues du 1er avril les plus courantes restent des canulars téléphoniques», note t-il. Le SMS est aussi devenu un support prisé pour faire croire à des histoires abracadabrantesques à ses proches et pour rigoler au passage de leur naïveté.

Les écoliers collent toujours des poissons

Pour François Jouffa, auteur de l’ouvrage, Les meilleures blagues débiles les boutades du 1er avril perpétrées par les adultes leur serviraient aussi d’exutoire: «En période de crise et face à une actualité morose, les gens ont besoin de sourire, même si c’est parfois par le biais de blagues bas de gamme», estime-t-il.

Dans les cours d’écoles, le poisson d’avril ne semble pas près de se noyer non plus. «Les enfants en collent toujours dans le dos de leurs camarades ou dans celui de la maîtresse. Et ils se transmettent la tradition de génération en génération», constate Laurent Gaulet. «Coller un poisson dans le dos de la maîtresse, c’est un acte de bravoure qui permet de se valoriser auprès des autres», note François Jouffa.

Les médias raffolent des fake

Même dans les médias, la tradition du 1er avril demeure toujours. «Les journaux TV, comme papier, les radios et les sites d’infos font toujours des canulars. Cela crée une connivence avec leurs lecteurs ou les téléspectateurs», relève François Jouffa. En 2014, France Inter avait ainsi annoncé en 2014 qu’Anne Hidalgo avait décidé de vendre la tour Eiffel au Qatar. L’an dernier The Guardian avait aussi fait croire à ses lecteurs que le gouvernement s’apprêtait  à changer le sens de la conduite de gauche à droite. Et chaque année, des articles recensent les meilleurs poissons d’avril une fois le jour fatidique passé.

Les entreprises elles aussi exploitent le filon. La SNCF organise ce mercredi un concours d’annonces loufoques en Gare du Nord. La marque Lu a aussi diffusé l’an dernier une fausse pub annonçant la commercialisation du Brocolu, un Figolu au brocoli.

«Ces opérations marketing cherchent à créer le buzz et cela fonctionne», souligne Laurent Gaulet. La marque Carambar s’était ainsi frotté les mains lorsqu’elle avait annoncé en 2013 la suppression de ses blagues dans le célèbre bonbon. Car ce poisson d'avril avait suscité un vent de protestations et revigoré l’image du Carambar.

Avec autant de blagueurs du printemps en réserve, il y a donc peu de risque que le 1er avril se transforme en un jour comme les autres.