Classement des lycées: L'établissement ZEP Romain Rolland de Goussainville a d'excellents résultats

REPORTAGE «20 Minutes» s'est rendu dans l'un des établissements les plus performants de France...

Laure Cometti

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Le lycée polyvalent Romain Rolland à Goussainville (Val d'Oise). Lancer le diaporama
Le lycée polyvalent Romain Rolland à Goussainville (Val d'Oise). — Laure Cometti

Les portes des salles de classe du lycée Romain Rolland n’ont pas de poignées à l’extérieur: impossible d’y rentrer sans clé. «Ce sont les stigmates d’une époque d’insécurité désormais révolue», explique Amand Riquier, proviseur de ce lycée polyvalent à Goussainville dans le Val d’Oise (95). Un détail, qui en dit long sur l’histoire mouvementée de cet établissement. Classé «zone d’éducation prioritaire», il affiche néanmoins d’excellents résultats dans le rapport IVAL publié ce mercredi par le ministère de l’Education nationale.

Comment sont évalués les lycées? Les explications par ici

De 50 % à 91 % de réussite au baccalauréat en treize ans

Avec 91 % de réussite au bac général et technologique et 73 % au bac professionnel, le lycée de 1.520 élèves dépasse largement les taux attendus par le ministère. Ce progrès se traduit par une hausse des effectifs, signe que les lycéens ne fuient plus l’établissement. 

Quand Nacim Rahmani a obtenu son Bac STI, en 2002, le taux de réussite à l’examen était de 50 % et les cas de violence et de trafic faisaient les gros titres de la presse locale. Depuis, la sécurité a été rétablie et les résultats scolaires sont en progression durable. «La réussite n’est plus un tabou», constate Nacim Rahmani qui est désormais conseiller principal d’orientation.

Incarner le chemin de l’«ascension sociale»

Pour mieux préparer l'examen, des sessions de «bac blanc général et technologique» ont lieu avant chaque période de vacances scolaires depuis deux ans. Cette année, les élèves de section professionnelle ont réclamé le même traitement. «Les lycéens croient à la vertu de l’école comme ascenseur social», souligne Guillaume Tomasini, professeur de français arrivé il y a six ans.

Les projets visant à attiser l’ambition et la curiosité des jeunes se multiplient, qu'il s'agisse de forums sur l'orientation avec l'association locale Eurêka, de conférences transdisciplinaires ou de sorties culturelles.

Grâce à l'organisation en classes de taille «moyenne» (30 élèves maximum en seconde générale et 24 en professionnelle), l'équipe pédagogique, très soudée, peut être davantage attentive et réactive aux besoins des élèves. Le lycée bénéficie aussi d’une centaine d’heures supplémentaires par semaine pour renforcer notamment le suivi personnalisé. 

Des sections professionnelles revalorisées

Des partenariats durables noués avec le monde de l’entreprise ont revalorisé les filières professionnelles qui concernent près de la moitié des effectifs. Les élèves de la section électrotechnique jouissent d'une excellente réputation auprès des hôtels avoisinant l’aéroport de Roissy, proche de Goussainville. 80 % d'entre eux sont embauchés après l’obtention du Bac Pro ELEEC, précise Abdel El Gabli.

Marie-Rose Djoutsa, enseignante depuis 26 ans au lycée Romain Rolland, est fière de la convention signée avec la fondation KPMG qui parraine depuis trois ans la section gestion-administration (à hauteur de 18.000 euros), permettant aux élèves d’effectuer un stage de quatre semaines en Angleterre.  

Impliquer les lycéens dans un «lieu de vie»

L'implication des lycéens dans la vie de l’établissement n'est pas étrangère à l'amélioration de l'atmosphère. «On devient acteur de notre scolarité», s'enthousiasme Yahya, 17 ans, vice-président du Conseil de la vie lycéenne (CVL) qui organise des événements caritatifs et des animations pour créer du lien entre les élèves et financer le tant attendu bal de promo des Terminales. Autant de projets parascolaires qui renforcent un sentiment d'appartenance générateur de respect et de motivation, des valeurs également véhiculées par l'association sportive qui a créé une section de rugby féminin.

À travers les récits de leurs aînés, certains connaissent l’époque moins rose du lycée. Ils sont aujourd’hui «fiers» d’étudier à Romain Rolland.