L'Assemblée nationale commence l'examen de la loi Touraine sur la santé

LOI Le texte sur la santé est vivement combattu par la droite...

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la Santé Marisol Touraine à l'Assemblée nationale le 24 mars 2015
La ministre de la Santé Marisol Touraine à l'Assemblée nationale le 24 mars 2015 — François Guillot AFP

L'Assemblée nationale entame ce mardi après-midi deux semaines d'examen marathon du projet de loi sur la santé de Marisol Touraine. Le texte est vivement combattu par la droite, notamment pour son volet sur la généralisation du tiers payant, mais à même de souder la gauche.

Quelque 2.400 amendements ont été déposés sur ses 57 articles, qui couvrent un large spectre, du renforcement de la prévention au rôle du médecin traitant, en passant par les droits des patients. Le vote solennel du texte, qui ira ensuite devant le Sénat, est prévu le 14 avril.

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Une «journée santé morte»

Les médecins, qui ont déjà mené plusieurs grèves cette hiver contre l'extension de la dispense d'avance des frais à l'ensemble des patients à l'horizon de novembre 2017, continuent leur «guérilla» avec une «journée santé morte» ce mardi, à l'appel du premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF. MG France (généralistes) et la FMF (Fédération des médecins de France) s'y sont associés. Des rassemblement devant le Palais Bourbon, ainsi que des «actions» en région, sont prévus.

MG France a demandé parallèlement aux praticiens d'augmenter eux-mêmes leur consultation de 23 à 25 euros, une revendication de revalorisation extérieure au projet de loi mais qui s'est ajoutée aux sujets de crispation avec le gouvernement.

Malgré un assouplissement du calendrier de la réforme du tiers payant, et l'intervention de Manuel Valls, médecins et dentistes ne décolèrent pas contre ce qu'ils perçoivent comme une surcharge de travail administratif et un risque de ne pas recouvrer toutes les sommes dues.

Le tiers payant généralisé, une «déresponsabilisation de l'assuré

La droite, Nicolas Sarkozy en tête, a apporté son «soutien total» aux médecins que le gouvernement voudrait «fonctionnariser», selon le président de l'UMP, qui voit dans le tiers payant généralisé une «déresponsabilisation de l'assuré social».

De plus, les parlementaires de l'opposition ont pris en grippe la ministre de la Santé, ce qui promet de tendre particulièrement les débats sur cet article 18 consacré au tiers payant, qui ne sera pas étudié dans le détail avant plusieurs jours.