Qui est Yoni Palmier, tueur présumé de l'Essonne, un déséquilibré devenu «star du crime»?

PORTRAIT Accusé des quatre meurtres commis avec la même arme en Essonne entre novembre 2011 et avril 2012, Yoni Palmie se défend d’en être l’auteur…

William Molinié

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L'identification de l'arme qui a servi aux quatre meurtres perpétrés dans l'Essonne entre novembre et avril est "prématurée" et ne démontre pas que le mis en examen Yoni Palmier est le tireur.
L'identification de l'arme qui a servi aux quatre meurtres perpétrés dans l'Essonne entre novembre et avril est "prématurée" et ne démontre pas que le mis en examen Yoni Palmier est le tireur. — Bertrand Guay afp.com

«Je n’ai pas fait ça!» Accusé des quatre meurtres commis avec la même arme en Essonne entre novembre 2011 et avril 2012, Yoni Palmier, qui comparaît à partir de ce mardi, se défend d’en être l’auteur. Pourtant c’est bien ses empreintes génétiques et elles seules qui ont été retrouvées sur le 7.65mm qui a tué les victimes. De surcroit, une arme qui se trouvait dans un box loué à son nom.

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Quand il est interrogé par le juge, Yoni Palmier parle peu. Ou alors, il fait état d’un mystérieux «groupement» de personnes qui auraient tué au hasard pour le venger d’agressions restées impunies par la justice, malgré ses soi-disant dépôts de plainte. Une victime, en somme… Vraiment? Parcours d’un déséquilibré colérique devenu une «star du crime», dit-il, malgré lui.

Responsable psychologiquement

A 36 ans, Yoni Palmier n’a jamais réussi à construire une situation équilibrée. «Yoni, il était seul, en dehors de la société», a confié à l’AFP Franck Tribouillois, un ami de 15 ans et voisin de Ris-Orangis. A l’adolescence, Palmier boit, fume, traîne dans le quartier. Il n’aura pas beaucoup de relation avec les filles. Si ce n’est une rencontre de deux ans avec une jeune femme qui le quitte après des échanges sexuels violents.

Cet amateur de moto reconnaît devant les enquêteurs ne pas apprécier «le cul». Ses relations familiales sont quasi-inexistantes. Il a été condamné dans le passé à six mois ferme pour avoir poignardé ses parents. Esseulé, Yoni Palmier est décrit par les psychiatres comme irascible, un brin sociopathe, mais ils le désignent comme pleinement responsable de ses actes. «Il est indemne de tout trouble. Il connaît les enjeux du procès et les comprend», précise à 20 Minutes son avocat, Me Julien Fresnault.

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«Quand je tire, je me sens mieux»

Malgré tout, il fuit continuellement sa responsabilité. Sauf lorsqu’il se sent «en confiance». Devant le psy, par exemple, à qui il confie, sans toutefois reconnaître les faits: «Quand je tire, je me sens mieux après.» Ou devant la juge d’instruction lorsque cette dernière n’était pas trop directe. «Il doit être materné pour parler», croit savoir Me Elisabeth Auerbacher, l’avocate de la famille de Nathalie Davids, la première victime.

Les jurés de la cour d’assises auront jusqu’au 17 avril pour le faire passer à table. A moins que la confrontation avec sa mère, Félicienne, la seule à le visiter en prison, ne le mette en confiance. Et qu’elle ne parvienne à le materner.