Tueur de l'Essonne: Yoni Palmier devant la cour d'assises

JUSTICE Ce marginal, jugé à partir de ce mardi, est accusé d’avoir tué à quatre reprises en quelques mois…

William Molinié

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Capture d'écran YouTube d'un portrait de Yoni Palmier.
Capture d'écran YouTube d'un portrait de Yoni Palmier. — 20 Minutes

Quatre meurtres dans un rayon de moins de 10km. Une seule et même arme. C’est avec l’étiquette de tueur en série que Yoni Palmier va être jugé à partir de ce mardi par la cour d’assises de l’Essonne à Evry. Surnommé «le tueur de l’Essonne» par la presse, ce marginal de 36 ans est accusé d’avoir tué quatre personnes en cinq mois.

La série meurtrière débute le 27 novembre 2011 au premier sous-sol d’un parking de Juvisy-sur-Orge. Nathalie Davids, une laborantine de 35 ans, est retrouvée morte dans une mare de sang, à proximité de sa voiture. Elle a reçu au moins sept balles dans le corps. L’enquête policière s’orientera dans un premier temps vers son ancien petit ami qui selon l’entourage de la victime, la «harcelait».

Un suspect idéal blanchi

Son ex-compagnon, Michel Courtois, est interpellé quatre jours plus tard au saut du lit. Lors de sa garde à vue, il reconnaît le meurtre. Mais devant le juge, il se rétracte. Il a tout du suspect idéal: un mobile, des aveux et surtout des «traces de poudre» sur ses vêtements – qui se révéleront finalement être des restes de ponçage.

POUR EN SAVOIR PLUS: Qui sont les quatre victimes?

En prison, cet ouvrier du bâtiment continue de clamer son innocence. Personne ne le croit. Jusqu’à ce que le voisin de la première victime, Jean-Yves Bonnerue, 52 ans, soit abattu au même endroit, trois mois plus tard, d’une balle dans la tête. L’arme utilisée, un 7.65mm, porte la même signature balistique. Les policiers, persuadés de l’implication de Michel Courtois, vont jusqu’à imaginer un scénario des plus fous: il aurait commandité ce meurtre depuis la prison pour se disculper.

Palmier, deuxième suspect

Intrigue qui ne tiendra pas plus longtemps à la lumière du dénouement. Marcel Brunetto, 81 ans, puis Nadjia Boudjemia-Lahcène, 48 ans, sont tués, toujours avec cette même arme, le 17 mars 2012 à Ris-Orangis et le 5 avril 2012 à Grigny. A chaque fois, le même mode opératoire: une balle à bout portant, la victime se trouvant dans son hall d’immeuble.

Les enquêteurs écartent définitivement la piste Michel Courtois – libéré en juin 2012 – et se lancent à la recherche d’une moto Suzuki «bleu et blanc» aperçue non loin des scènes de crime. Ils la retrouvent dans un box loué par Yoni Palmier, un marginal esseulé, un peu paumé, qui n’a que sa mère comme lien social. Dans un autre, l’arme des crimes est saisie, avec comme seule trace ADN celle du même locataire.

PORTRAIT – «Yoni Palmier doit être materné pour parler»

Infographie - AFP

Toujours pas de mobile

Malgré les preuves apportées, l’accusé le jure à l'envi: «Je n’ai pas fait ça.» Il dénonce un mystérieux «groupement» de personnes qui auraient tué au hasard pour le venger d’injustices subies. «Le procès permettra peut-être de comprendre pourquoi. Pour l’instant, le mobile n’est vraiment pas apparent», commente auprès de 20 Minutes une source proche de l’enquête. «Il va essayer de s'expliquer. Mais je ne promets pas une grande limpidité», ajoute Julien Fresnault, l'avocat de Yoni Palmier. Il sera assisté pendant le procès du pénaliste Laurent Caruso.

Ce «pourquoi» est indispensable pour les familles des victimes. «Elles veulent savoir. Est-ce que Palmier a choisi ses victimes? Jusqu’à présent, il n’a délivré que des fausses explications», regrette Elisabeth Auerbacher, l’avocate des proches de Nathalie Davids. Mais à la lecture des précédents interrogatoires, elle n’est pas certaine que Palmier s’épanche vraiment. D’ailleurs, elle a déjà préparé ses clients à l’absence de réponse.