Crash d'un avion A320: Où en est-on de l'enquête?

DRAME Les enquêteurs ont isolé 78 ADN des victimes tandis que le presse révèle les troupes psychiatriques du copilote qui semble avoir provoqué la catastrophe...

20 Minutes avec AFP

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Le 26 mars, les enquêteurs tentent d'identifier les 150 victimes du crash de l'A320 de la  Germanwings.
Le 26 mars, les enquêteurs tentent d'identifier les 150 victimes du crash de l'A320 de la Germanwings. — AFP

L’identification des victimes avance petit à petit. Les enquêteurs ont recueilli l'ADN de la moitié des 150 victimes du crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes françaises, ont annoncé les autorités, alors que se multiplient les révélations sur la personnalité du copilote qui semble avoir provoqué délibérément la catastrophe.

78 ADN comparés avec les familles de victimes

Au sixième jour des recherches sur le site de la catastrophe survenue mardi dans cette région montagneuse du sud-est de la France, les enquêteurs ont «isolé 78 ADN distincts», qui vont être comparés à ceux des familles des victimes pour identification, a déclaré dimanche le procureur de Marseille, Brice Robin. Depuis le crash de l'Airbus A320, les enquêteurs s'efforcent de collecter un maximum d'éléments permettant de procéder à l'identification des victimes, mais, compte tenu de l'état des éléments prélevés et du terrain, très accidenté, la tâche est ardue.

Un accès lundi soir

Le procureur a indiqué que l'aménagement d'un chemin d'accès au site, utilisable par des véhicules tout-terrain, pourrait être terminé d'ici lundi soir. Ce chemin permettra notamment l'évacuation de grosses pièces de carlingue, difficiles à hélitreuiller. Jusqu'à présent, les enquêteurs sont déposés sur la zone chaque jour par hélitreuillage depuis l'aérodrome de Seyne-les-Alpes, à une dizaine de kilomètres du site.

Le copilote n’aurait pas dû voler

Pendant que les recherches sur le site se poursuivent, la presse allemande continue à révéler de nouveaux éléments sur le déroulement de la catastrophe et sur la personnalité du copilote Andreas Lubitz.

L'édition dominicale du quotidien Bild a publié un récit glaçant des derniers instants de l'A320 de Germanwings après avoir eu accès aux éléments issus de l'un des deux enregistreurs de vol de l'appareil, celui qui enregistre les sons dans le cockpit. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le New York Times avait le premier évoqué ces enregistrements, affirmant que le pilote était sorti du cockpit et n'avait pu y revenir.

Le copilote a déclenché la descente de l’avion

Le procureur de Marseille avait confirmé que ces enregistrements montraient que le copilote avait verrouillé la porte après la sortie momentanée du commandant de bord puis déclenché la descente de l'avion.

Andreas Lubitz semblait souffrir de problèmes psychiatriques et s'inquiétait des conséquences de ses problèmes de santé pour sa carrière, selon plusieurs médias. Les enquêteurs privilégient la piste d'un acte volontaire du copilote, qui n'aurait pas dû voler le jour du drame en raison d'un arrêt maladie, qu'il n'a pas utilisé.

Selon Bild, les 20 premières minutes du vol sont l'occasion d'échanges banals entre le pilote, Patrick S., et Andreas Lubitz. A 10h27 locales, le pilote demande à Lubitz de préparer l'atterrissage à Düsseldorf (ouest de l'Allemagne). Ce dernier prononce quelques mots: «J'espère», «On verra». Le commandant sort ensuite pour aller aux toilettes. Peu après, l'appareil amorce sa descente vers les montagnes. Quelques minutes plus tard, on entend un «claquement fort», comme si quelqu'un essayait de rentrer dans le cockpit, rapporte Bild. Puis la voix du pilote: «Pour l'amour de Dieu, ouvre la porte!»

«Ouvre cette foutue porte!»

En arrière-fond, les passagers commencent à crier. Le pilote essaie ensuite d'attaquer la porte à la hache. Puis il crie: «Ouvre cette foutue porte!» Vers 10h40, l'Airbus touche une montagne alors qu'on entend les cris des passagers.

Crash d'un avion A320: L'ex petite-amie d'Andreas Lubitz serait enceinte

«Tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra»

Samedi, Bild avait publié une interview d'une hôtesse de l'air présentée comme une ex-petite amie de Lubitz, qui renforçait la piste de troubles psychiatriques sévères chez le jeune homme. La jeune femme affirmait qu'il lui aurait dit: «Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra.».

Dimanche, Bild rapporte également qu'Andreas Lubitz aurait souffert d'un décollement de la rétine, affection oculaire guérissable mais qui, si elle n'est pas prise à temps, peut définitivement empêcher un pilote de voler.