Crash d'un avion A320: Dépression, problème aux yeux... Pourquoi Andreas Lubitz est-il passé à l'acte?

THEORIES Le point sur les différentes théories pour expliquer son passage à l'acte...

L.B. avec AFP

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 Andreas Guenter Lubitz, le copilote de l'avion A320 qui s'est écrasé dans les Alpes. Photo diffusée le 26 mars 2015.
Andreas Guenter Lubitz, le copilote de l'avion A320 qui s'est écrasé dans les Alpes. Photo diffusée le 26 mars 2015. — REX/REX/SIPA

Le crash mardi dans les Alpes françaises de l'Airbus A320 de Germanwings, dans lequel 150 personnes ont péri, a suscité de nombreuses théories. Les motivations du copilote, soupçonné d'avoir provoqué délibérément la catastrophe, restent floues.

L'hypothèse de troubles psychiatriques chez Andreas Lubitz a été largement relayée par les médias, qui y ont vu un élément-clé pour expliquer un passage à l'acte. Voici un point sur les principales théories avancées pour expliquer le geste du copilote:

>  Andreas Lubitz souffrait-il d'une profonde dépression?

Plusieurs journaux allemands ont repris cette idée. Vendredi, le quotidien populaire Bild, citant des documents officiels, affirmait que Lubitz avait traversé un «épisode dépressif lourd» il y a six ans, pour lequel il suivait toujours un traitement «médical particulier et régulier». Pourtant, aucune source officielle n'a pour l'heure confirmé qu'il souffrait de dépression.

Le Parquet de Düsseldorf (ouest de l'Allemagne) a dévoilé vendredi que des documents avaient été découverts à son domicile attestant d'«une maladie existante et de traitements médicaux correspondants», mais il n'a pas précisé la nature de cette maladie. Une clinique de Düsseldorf a confirmé qu'elle avait reçu le jeune homme de 27 ans pour «des diagnostics», notamment le 10 mars dernier, mais a démenti l'avoir soigné pour dépression.

>> A lire: Ce que l’on sait, du copilote, Andreas Lubitz

On sait également qu'il avait interrompu sa formation de pilote entamée en 2008 «pendant un certain temps», avant de la reprendre et de piloter à partir de 2013, comme l'a indiqué jeudi Carsten Spohr, le patron de Lufthansa, maison-mère de Germanwings. Mais il a refusé d'en donner les raisons, affirmant ne pas en avoir le droit. Enfin, selon le quotidien Welt am Sonntag, qui cite un enquêteur anonyme, des médicaments destinés au traitement de maladies psychiques ont été retrouvées à son domicile. Lubitz aurait été suivi par plusieurs «neurologues et psychiatres », écrit le journal. Interrogés par l'AFP, des enquêteurs français et allemands n'ont souhaité ni confirmer, ni démentir cette information.

> S'était-il séparé de sa petite amie?

Bild l'écrivait vendredi, mais l'hypothèse n'a pas été confirmée. Le quotidien allemand, s'appuyant sur des sources judiciaires non précisées, évoquait une «crise dans sa vie personnelle». Lubitz aurait eu des problèmes de couple importants, qui l'auraient gravement marqué, avant les faits. Cependant, le général Jean-Pierre Michel, sous directeur de la police judiciaire à la direction générale de la gendarmerie nationale, présent samedi à Düsseldorf pour échanger avec les enquêteurs allemands, a affirméqu'il n'y avait à ce stade de l'enquête, toujours «pas d'élément particulier» dans la vie du copilote qui expliquerait son geste. Il était notamment interrogé sur l'hypothèse d'une rupture amoureuse.

> Sa petite amie était-elle enceinte?

C'est encore une affirmation de Bild, dans son édition de dimanche. Le journal ne cite aucune source mais soutient que la jeune femme, enseignante en mathématiques et en anglais, aurait annoncé la nouvelle à ses élèves il y a quelques semaines. Cette information n'a pour l'heure pas été confirmée.

> Andreas Lubitz avait-il des problèmes aux yeux?

Bild et le quotidien New York Times l'ont annoncé séparément samedi et dimanche. Le journal populaire allemand a précisé qu'il s'agissait d'un décollement de la rétine, lésion très embarrassante pour un pilote, mais guérissable si elle est prise à temps. Cette information n'a pas encore été confirmée.

> Avait-il planifié le crash depuis longtemps?

Samedi, une hôtesse de l'air et ancienne petite amie supposée d'Andreas Lubitz, a déclaré à Bild qu'il lui avait confié vouloir commettre un «acte qui changerait tout le système» et que «tout le monde se souviendrait de (son) nom». Largement reprises dans la presse, ces déclarations n'ont pas été officiellement confirmées. Et le Parquet de Düsseldorf (ouest) a indiqué vendredi qu'aucune lettre d'adieu dévoilant un acte prémédité n'avait été retrouvée.