Viols présumés d'écoliers: Une marche silencieuse à Villefontaine

ISÈRE Un millier de personnes ont pris part à la marche organisée ce samedi après-midi par les parents d'élèves...

20 Minutes avec AFP

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Les habitants de Villefontaine ont défilé en soutien aux enfants victimes des agissements du directeur d'une école primaire.
Les habitants de Villefontaine ont défilé en soutien aux enfants victimes des agissements du directeur d'une école primaire. — SIPA

C’était une manière de soutenir les enfants victimes de viols présumés par le directeur, également instituteur, d’une école de la commune mais aussi pour dire «plus jamais ça». Un millier de personnes ont marché en silence, ce samedi après-midi, dans les rues de Villefontaine (Isère).

«Je suis là pour ma fille, dont l'innocence est heureusement toujours intacte. Mon but, c'est de tourner la page rapidement pour elle et de faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais», a confié Mohammed. Sa fille de 6 ans et demi était une élève de l'enseignant.

«Je culpabilise parce que je n'ai rien vu», dit l'épouse du suspect


Ce papa, qui a indiqué à l'AFP avoir porté plainte, a ajouté: «On lui faisait confiance et à travers lui, à l'école. Jusqu'à cette rumeur, aujourd'hui avérée. Cette confiance est aujourd'hui brisée. On veut savoir pourquoi ce prédateur a été laissé dans la nature. L'Education nationale et la justice n'ont pas fait leur travail.»

«Nous ressentons un sentiment de trahison»

Le cortège s’est dirigé vers l'école primaire où les viols se seraient déroulés les viols. L’enseignant, père de famille de 45 ans, avait été condamné en 2008 pour «recel de bien provenant de la diffusion d'images d'un mineur à caractère pornographique». Il a été mis en examen et écroué mercredi pour « viols aggravés, agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans, et acquisition et détention d'images pédopornographiques », 24 heures après avoir avoué aux enquêteurs.

« On savait seulement de lui qu'il avait entretenu des rapports conflictuels avec les enseignants et les parents d'élèves partout où il était passé. Mais nous avons voulu lui donner une chance. Nous ressentons un profond sentiment de trahison », a témoigné Jean-Claude Cochet, qui fut le directeur de l'école entre 2008 et 2014.

Neuf plaintes déjà déposées

Les parents d’élèves, se sont regroupés en  collectif, pour «s’organiser judiciairement». Neuf  plaintes concernant deux garçons et sept filles de 6 à 7 ans, scolarisés dans la classe de CP du directeur, ont été pour le moment été enregistrées par la justice. Depuis jeudi, les plaintes de 14 autres parents d'élèves, dont certains ne sont pas scolarisés dans cette école, sont en cours de recueil par les enquêteurs.

Ce matin, le Premier ministre a exprimé son soutien aux familles dans un tweet.