Viols sur des enfants en Isère: «Je culpabilise car je n’ai rien vu», dit l’épouse du suspect

FAITS DIVERS Une marche silencieuse en soutien aux enfants de l'école de Villefontaine (Isère), victimes présumées de viols par le directeur de l'établissement, aura lieu samedi après-midi...

M.B.
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Des policiers devant l'entrée de l'école "Le Mas de la Raz" le 245 mars 2015 à Villefontaine
Des policiers devant l'entrée de l'école "Le Mas de la Raz" le 245 mars 2015 à Villefontaine — Philippe Desmazes AFP

«Comment n’ai-je ne rien pu voir en 18 années de vie commune?»  Sous le choc l’épouse du directeur d’école suspecté d’avoir violé plusieurs élèves de sa classe de CP de l’école du Mas-de-la Raz, à Villefontaine (Isère) a répondu vendredi soir aux questions du Dauphiné-Libéré.

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Une première condamnation en 2008

«Je culpabilise car je n’ai rien vu…En vivant à ses côtés, en partageant sa vie, j’étais censée être la première à voir que quelque chose n’allait pas, mais je n’ai rien vu», témoigne cette mère de famille, interrogée mardi par les enquêteurs, qui qualifie d’«intolérable, horrible, brutal» les faits reprochés à son époux. Pourtant ce dernier avait déjà été condamné pour recel d’image à caractère pédopornographique en 2008 à six mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve durant deux ans avec une obligation de soins

Mais elle dit réaliser  «seulement maintenant qu’il m’a raconté des mensonges à l’époque... Il m’a alors raconté que ce n’était pas lui qui avait consulté les photos, mais d’autres internautes en m’assurant que la connexion wifi de la maison n’était pas sécurisée (...).»

«Un dysfonctionnement» reconnaît la ministre de l'Education

Cependant, comment expliquer qu’un professeur reste en poste après avoir été condamné pour des faits liés à la pédophilie ? Dans un entretien accordé samedi au Parisien, la ministre de l’Education nationale a reconnu qu’il «y a eu dysfonctionnement». Et la ministre de poursuivre : «Il semblerait que l’Education nationale n’ait pas été informée de cette condamnation. Quant à ses collègues, ils ne l’ont pas vu. Il a été condamné en juin 2008, juste avant les vacances scolaires. A cette date, il avait obtenu un changement d’académie et il s’est aussitôt mis en congé parental, puis en arrêt maladie jusqu’en février 2011. Et quand il a repris ses fonctions, il a changé d’école tous les ans».

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Un rassemblement «sans slogan, ni banderoles»

Une marche silencieuse en soutien aux enfants de l'école de Villefontaine (Isère), victimes présumées de viols par le directeur de l'établissement, aura lieu samedi après-midi, a-t-on appris auprès de la mairie.

Regroupés en collectif depuis la révélation lundi de cette affaire qui a créé l'émoi au sein de cette ville de 18.000 habitants et de la communauté éducative, les parents des écoliers ont décidé d'organiser un rassemblement « sans slogan, ni banderoles, par respect pour les enfants», a souligné Raymond Feyssaguet, le maire de la ville.

Le cortège s'élancera dès 15H00 depuis l'esplanade du Vellein, à Villefontaine, située près du théâtre de la ville et à un kilomètre de l'école primaire du Mas de la Raz, où le directeur, père de famille de 45 ans et enseignant, exerçait. La marche s'achèvera au sein de l'école primaire après un parcours d'un peu moins d'un kilomètre à travers la ville.

Le quadragénaire a été mis en examen et écroué mercredi pour «viols aggravés, agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans, et acquisition et détention d'images pédopornographiques.»