Repas de substitution dans les cantines: Et pourquoi pas un menu végétarien?

ECOLES C'est l'appel que lancent le moine bouddhiste Matthieu Ricard et d'autres personnalités, en pleine polémique sur les menus de substitution sans porc à la cantine...

N.Bg. avec AFP
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Repas sans viande dans une cantine du Texas en 2014.
Repas sans viande dans une cantine du Texas en 2014. — Ralph Barrera/AP/SIPA

Dans un sondage mené la semaine dernière, un peu plus de la moitié des personnes interrogées se disaient opposées «à ce que les cantines des écoles publiques proposent un plat de substitution aux enfants qui, parce qu'ils sont juifs ou musulmans, ne mangent pas de porc». Mais que penseraient-ils si ce menu de substitution n’était pas sans porc, mais carrément sans viande?

L’idée est présentée ce vendredi dans Le Monde par le moine bouddhiste et écrivain Matthieu Ricard et d'autres auteurs et militants de la cause animale. Mais attention, s’ils sont militants, leur proposition n’est pas «dogmatique, elle est avant tout pragmatique». Car «le repas végétarien convient au plus grand nombre – musulmans, juifs, chrétiens, athées ou autres».  

Pour «une alternative végétarienne systématique»

La semaine dernière, le maire UMP de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a annoncé la suppression du menu de substitution dans les cantines scolaires, offrant notamment des alternatives sans porc, prohibé par l'islam et le judaïsme. «Que vient faire la laïcité là-dedans?» s'interrogent Matthieu Ricard, auteur d'un vibrant Plaidoyer pour les animaux, et d'autres personnalités connues pour leur engagement en faveur de la cause animale et la nature tel Aymeric Caron, végétarien pratiquant et auteur de No Steak, l'ancienne députée européenne EELV Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, les philosophes Florence Burgat et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer ainsi que l'éditorialiste Franz-Olivier Giesbert.

«Plutôt que d'utiliser le porc ou la laïcité pour attiser la haine confessionnelle et diviser les Français, nous proposons une solution simple, défendue par ailleurs depuis longtemps par de nombreuses associations: l'instauration dans les cantines scolaires d'une alternative végétarienne systématique, c'est-à-dire à tous les repas, et pas seulement lorsque du porc est proposé» écrivent-ils.

Sarkozy attaqué au passage

Les coauteurs de cet appel listent les avantages d’un tel repas de substitution: il est un «facteur de cohésion sociale» ne montant pas une communauté contre une autre, il est bon pour la santé à partir du moment où il est équilibré grâce aux protéines végétales, et c’est «l’alternative la plus simple pour les collectivités locales qui ne peuvent satisfaire des contraintes et des préférences alimentaires multiples». Et évidemment, c’est écologique.

«Nous appelons à ce que la loi française impose dans chaque cantine scolaire, mais aussi dans les restaurants universitaires et les administrations, une alternative végétarienne, voire végétalienne», concluent les auteurs de cette proposition. Qui n’oublient pas au passage d’égratigner un Nicolas Sarkozy opposé aux repas de substitution sans porc, accusé d’«instrumentalisation (…) en vue de séduire les électeurs du Front national».