Militaires réservistes: «On sert notre pays, même avec nos petits moyens»

TEMOIGNAGES A l’occasion de la Journée de la réserve militaire, trois jeunes gens expliquent pourquoi ils se sont engagés...

Anne-Laëtitia Béraud

— 

Illustration de militaires assurant une mission Vigipirate à Paris, le 17 mars 2015.
Illustration de militaires assurant une mission Vigipirate à Paris, le 17 mars 2015. — HOUPLINE RENARD/SIPA

«S’engager pour le pays». C’est avec cette devise chevillée au corps que des femmes et hommes entrent dans la réserve militaire. Parmi eux, Philippe, Marie et Adeline: au quotidien, ils sont étudiant, responsable des ressources humaines dans un hôpital et employée dans une chambre d’agriculture. Quelques jours par mois, voire plusieurs semaines dans le cadre du plan Vigipirate, ils sont des militaires à part entière.  

Pour Philippe Males, étudiant en 3e année de chimie à la faculté de Toulouse (Haute-Garonne), le choix de la réserve est arrivé un peu par hasard, via un ami qui lui en parle. Depuis un an et demi, le jeune homme enchaîne les formations et les entraînements au sein du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres. Cet été, il devrait effectuer son premier Vigipirate. Cette mission de surveillance et d’aide à la population est qualifiée d’«accomplissement». «Partir sur le terrain, c’est l’aboutissement de nos entraînements. C’est aussi une fierté d’être au service de la Nation», explique Philippe.

Niveau «sans précédent» de la menace terroriste 

Quant aux risques encourus durant la mission, alors que la menace terroriste est qualifiée de «sans précédente» par le Premier ministre Manuel Valls, le jeune homme reste confiant. «Oui, il y a un contexte particulier aujourd’hui avec les attentats de janvier. On nous dit de faire attention. Mais on est préparé aux agressions et entraîné au maniement des armes. Et puis, le risque, il faut l’accepter», souligne le jeune homme.

A lire: Le plan Vigipirate «alerte attentat», ça veut dire quoi?

Un risque évoqué également par Marie Portes, sergent de réserve au sein du  31e régiment du génie à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). «Nous sommes vigilants, encore plus sérieux dans ce que nous faisons», affirme cette responsable des ressources humaines de 29 ans. Mais le jeu en vaut la chandelle: «On sert notre pays, même avec nos petits moyens. On est là, on rassure la population, on limite les risques. Et puis on représente notre régiment, l’armée», dit-elle avec fierté. Et qu’importent les difficultés de planning entre la vie professionnelle et militaire, la réserve représente «une bouffée d’air».

Plan Vigipirate: «Les hommes sont fatigués nerveusement et physiquement»

Service, abnégation aussi... Adeline Vaulot est réserviste depuis six ans et demi, un choix effectué à «17 ans et demi». Aujourd’hui employée dans une chambre d’agriculture, la jeune femme de 24 ans est maréchal des logis réserviste au sein du 61e régiment d’artillerie de Haute-Marne. Elle a déjà effectué deux missions Vigipirate à Montpellier et à Lyon, et devrait repartir en mission en juillet.

«On y met du cœur»

En septembre 2013, envoyée à l’aéroport de la capitale des Gaules, Adeline a été chef de groupe, responsable de deux autres militaires. Elle a notamment effectué des rondes, mais aussi collaboré avec la police des frontières et les douaniers. L’expérience a été marquante: «Vigipirate est une mission un peu à part. On est en extérieur, en opérationnel. On travaille ensemble et on y met du cœur», raconte-t-elle. Un engagement qu’elle compte bien renouveler: «J’essayerai de continuer la réserve tant que je peux. Aujourd’hui, c’est ma priorité.»

Les informations sur la Journée nationale du réserviste