Crash d’un avion A320: Identité, scénario... Les cinq principales révélations du procureur

CATASTROPHE AÉRIENNE L'avion de Germanwings s'est écrasé mardi dans les Alpes-de-Haute-Provence...

Nicolas Beunaiche

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Des policiers devant une maison de Montabaur, en Allemagne, où habitait Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est crashé dans les Alpes-de-Haute-Provence, le 26 mars 2015.
Des policiers devant une maison de Montabaur, en Allemagne, où habitait Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est crashé dans les Alpes-de-Haute-Provence, le 26 mars 2015. — Michael Probst/AP/SIPA

Les informations du New York Times étaient donc exactes. Jeudi, le procureur de la République de Marseille a pris la parole pour mettre fin aux spéculations médiatiques autour du crash de l’avion A320 de Germanwings qui s’est écrasé mardi dans les Alpes-de-Haute-Provence, et confirmé que l’enquête se concentrait désormais sur le comportement du copilote. Voici les cinq choses à retenir de sa conférence de presse.

L’attitude du copilote avant le drame est intrigante

Durant les vingt premières minutes de vol, les pilotes échangent «de manière normale, enjouée, courtoise», explique le procureur Brice Robin. «Puis on entend le commandant de bord préparer le briefing de l'atterrissage à Düsseldorf et les réponses du copilote deviennent laconiques», ajoute-t-il. «Il n'y a pas d'échanges véritables», clarifie-t-il. C’est alors que le commandant demande au copilote de prendre les commandes de l’A320. «On entend à la fois le bruit d'un siège qui recule et celui d'une porte qui se ferme», indique le procureur.

Le pilote a quitté le cockpit sans pouvoir y revenir

«Vraisemblablement pour satisfaire un besoin naturel», le pilote quitte le cockpit. Sans demander au copilote d’amorcer la descente. Le copilote ne prononce aucun mot quand son collègue se lève. Lorsque le commandant de bord revient et demande au copilote d’ouvrir la porte, celui-ci ne répond pas. «On entend plusieurs appels du commandant demandant l'accès à la cabine de pilotage, mais il n'obtient aucune réponse de la part du copilote», a déclaré le procureur.

Le copilote était vivant jusqu’au crash et aux commandes de l’avion

Si l’hypothèse d’un malaise a été avancée, le procureur l’a quasiment balayée en indiquant que la respiration du copilote «n'était pas celle de quelqu'un en train de faire un infarctus». Il «respirait normalement», a insisté Brice Robin, et ce jusqu’au crash. Preuve qu’il était encore aux commandes, le copilote a alors «manipulé les boutons du flight monitoring system pour actionner la descente de l'appareil». Une action du «sélectionneur d’altitude» qui «ne peut être que volontaire», a précisé le procureur. Son attitude «peut s'analyser comme une volonté de détruire l'avion», en a-t-il conclu.

Le copilote s’appelait Andreas Lubitz et était allemand

Le copilote était un jeune copilote embauché «il y a quelques mois» et dont l’expérience était d’«une centaine d'heures sur cet appareil». Il «avait la capacité et était apte à conduire l'avion», a résumé le Brice Robin. De nationalité allemande, il s’appelait Andreas Lubitz, avait 28 ans et n’était «pas répertorié comme terroriste». «Je ne connais pas la religion du copilote, mais je ne pense pas que ce soit forcément de ce côté-là qu'il faille chercher», a ajouté le procureur.

Les passagers ne se sont rendu compte de ce qui se passait qu’au dernier moment

 «Je pense que les victimes ne se sont rendu compte qu'au tout dernier moment qu'elles allaient se crasher», a déclaré Brice Robin. Il en veut pour preuve le fait que «les cris n'interviennent que dans les tout derniers instants avant l'impact», d’après les enregistrements de la boîte noire. La mort des passagers «a été instantanée», a-t-il enfin indiqué.