Crash de l'avion A320: La boîte noire est «endommagée» mais elle devrait parler

ECLAIRAGE La boîte noire qui enregistre les sons du cockpit est arrivée à Paris où elle doit être analysée par les experts du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA)…

Vincent Vantighem

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Une boîte noire de type CVR, Cockpit Voice Recorder.
Une boîte noire de type CVR, Cockpit Voice Recorder. — ADEK BERRY / AFP

C’est une clé USB qui fait environ 30 kilos. Et c’est peut-être ce qui permettra de comprendre pourquoi l’avion A320 de la Germanwings s’est écrasé, mardi matin, au sud de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence).

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La boîte noire découverte sur les lieux du crash est «endommagée», a indiqué, ce mercredi, une source proche de l’enquête. Elle est arrivée à Paris et «son exploitation commencera dès ce mercredi matin», a annoncé le secrétaire d'Etat au Transports Alain Vidalies. Elle doit être analysée par les experts du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA).

«L’ambiance, les voix, les bruits des moteurs…»

Des deux boîtes noires –qui en réalité sont de couleur orange- présentes dans chaque appareil, c’est le CVR qui a été découvert. CVR pour Cockpit Voice Recorder. «Celle-là est située à l’avant de l’appareil, décrypte Christophe Naudin, spécialiste de la sûreté aérienne. Elle enregistre tout ce qui se passe dans le cockpit. L’ambiance, les voix des pilotes, les bruits des moteurs et aussi les alarmes éventuelles qui peuvent se déclencher…» 

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Après analyse, elle pourrait permettre de comprendre ce qu’il s’est passé durant les fameuses huit minutes où l’appareil est descendu. Et pourquoi les pilotes n’ont pas répondu aux appels des contrôleurs aériens. «Pour ce type de crash, c’est la boîte noire la plus importante», poursuit Christophe Naudin.

Conçu pour résister à une accélération de 4.000 G

Reste à savoir si elle n’est pas trop endommagée. Sur RTL, ce mercredi matin, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur a laissé entendre qu’elle pourrait être «exploitée dans les heures qui viennent même si elle est endommagée»…

Christophe Naudin confirme. «Ces boîtes sont faites pour résister à une accélération de 4.000 G, assure-t-il. Si on la lâche de 10.000 mètres d’altitude, on doit normalement toujours pouvoir en tirer quelque chose.»

En attendant son analyse, les secours vont tenter de mettre la main sur la deuxième boîte noire. Situé à l’arrière de l’appareil, ce Fly data recorder (FDR) enregistre, de son côté, tous les paramètres techniques de l’appareil.