VIDEO. Directeur soupçonné de viols en Isère: «Ce n'était pas quelqu'un de soupçonnable»

ENQUETE L’homme est soupçonné d'avoir imposé «par surprise» des fellations à au moins deux de ses élèves de CP…

N.Bg.

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Illustration: une classe de primaire.
Illustration: une classe de primaire. — POL EMILE/SIPA

Alors qu’une enquête administrative a été ouverte ce mardi concernant les soupçons de pédophilie qui pèsent sur un directeur d’école de Villefontaine, en Isère, 20 Minutes fait le point sur les faits et sur l’enquête.

De quoi le directeur d’école est-il accusé?

L’homme est soupçonné d'avoir imposé «par surprise» des fellations à au moins deux de ses élèves de CP dans le cadre de ce qu'il appelait «un atelier du goût», durant lequel les enfants les yeux bandés, devaient identifier des «choses» que l'enseignant leur faisait goûter. Les faits se seraient déroulés au fond d'une salle de classe, derrière un paravent. «Avec leurs mots d’enfants», comme l’évoque le Dauphine libéré, deux élèves de 6 ans ont parlé de cet atelier à leurs parents qui ont alerté les gendarmes. Les faits, qui concernent au moins ces deux fillettes, se seraient produits à l'école primaire du Mas de la Raz entre décembre 2014 et mars 2015.

 

Qui est le suspect?

Il s’agit d’un un père de famille, âgé de 45 ans. Il avait déjà été condamné en 2008 pour recel d'images à caractère pédopornographiques à six mois de prison avec sursis, avec obligation de soins et mise à l'épreuve. Selon BFMTV, il avait changé trois fois d'établissement ces trois dernières années, et n'avait été nommé à Villefontaine qu'en septembre dernier. «Ce n'était pas quelqu'un de soupçonnable, de connu pour tel ou tel penchant», a témoigné le maire de la commune de 18.000 habitants.

Comment a-t-il pu continuer à exercer après sa condamnation?

En 2008, aucune interdiction d'exercer un travail avec les enfants n'avait été prononcée. Cette peine complémentaire n’est pas systématiquement prononcée dans ce genre d’affaire. «Il n'y avait rien dans son dossier concernant cette condamnation, on l'a découvert hier [lundi]», a affirmé mardi l'inspectrice d'académie de l'Isère, Dominique Fis. Elle a par ailleurs dit ignorer si le directeur était fiché au fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS). «On n'a pas eu d'informations sur ce fichage», a-t-elle dit.

Où en est l’enquête?

Le suspect a été interpellé lundi matin et sa garde à vue a été prolongé et il pourrait être déféré dans la soirée de mardi devant un juge d'instruction. L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Bourgoin-Jallieu. Il nie les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés, mais des images à caractère pédopornographique ont été retrouvées chez lui. En plus de l’enquête judiciaire, une enquête administrative a été ouverte ce mardi «afin de faire toute la lumière sur cette affaire», indique le ministère de l'Education. En attendant, une cellule psychologique a été ouverte et un remplaçant a été nommé.