SNCF: Des cheminots marocains réclament réparation auprès des prud’hommes

JUSTICE Embauchés dans les années 1970, ces salariés n’ont pas bénéficié du statut avantageux de cheminot car il était réservé aux ressortissants de l’Union européenne…

V.V., W.M. (avec AFP)

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Certains "Chibanis de la SNCF" ont assigné l'entreprise dès 2005. Renvoyés au fil des ans, leurs recours seront réexaminés du 23 au 27 mars, par un juge chargé de départager les conseillers prud’homaux qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord
Certains "Chibanis de la SNCF" ont assigné l'entreprise dès 2005. Renvoyés au fil des ans, leurs recours seront réexaminés du 23 au 27 mars, par un juge chargé de départager les conseillers prud’homaux qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord — Patrick Kovarik AFP

On les appelle déjà les «Indigènes du rail». Et cela fait plusieurs années qu’ils se battent pour obtenir réparation. 832 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine vont voir leurs dossiers examinés par le Conseil des prud’hommes de Paris toute la semaine.

Les faits: Le combat de cheminots marocains contre la SNCF

Ils affirment depuis des années avoir été bloqués dans leurs carrières et pénalisés dans le cadre de leurs pensions de retraite en raison de leur origine. Ce lundi matin, ils étaient près de 150 à s’être déplacés dans la grande salle du Conseil pour l’occasion.

«A la retraite, on a eu des miettes»

A l’origine du litige se trouve le statut des ces travailleurs «Chibanis» qui ont œuvré pour la SNCF au moment où la main d’œuvre était plus difficile à trouver. Originaire du Maroc, ces travailleurs n’avaient en effet pas le droit à l’avantageux statut de cheminot réservé aux ressortissants de l’Union européenne.

Analyse: La SNCF est-elle coupable de discrimination?

Plusieurs ont confié leur sentiment de s'être fait «arnaquer». «Il faut que la justice soit faite. Ils disaient ‘’travail égal, salaire égal’’ mais cela n'a pas été le cas. A la retraite, on a eu des miettes, on s'est rendu compte qu'on avait été arnaqués», explique un plaignant de 68 ans qui préfère ne pas être nommé.

Une facture lourde pour la SNCF?

De son côté, la SNCF récuse toute discrimination à l'égard de ces «Chibanis», qui affirment avoir été cantonnés aux plus bas niveaux de qualification et pénalisés à l'heure de la retraite.

Chibanis: Un délibéré très attendu

En «réparation», les plaignants réclament en moyenne 400.000 euros de dommages et intérêts, dont la moitié au titre du préjudice de retraite, le reste pour les carrières. Si les Prud'hommes leur donnaient raison, la facture serait lourde pour la compagnie ferroviaire. Le Conseil rendra sa décision le 21 septembre, a-t-il annoncé à l'issue de la première audience, ce lundi.