Ils ont essayé le végétarisme: «Je me suis sentie obligée de remanger de la viande»

VOUS TÉMOIGNEZ Pas si facile d’imposer ses choix éthiques et culinaires à ses proches. Les anciens internautes végétariens racontent…

Christine Laemmel

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«Je suis morte pour vos péchés». Tag sur un mur, en 2008
«Je suis morte pour vos péchés». Tag sur un mur, en 2008 — cc @limagiraphe

La viande n’est pas indispensable à notre bien-être, c’est prouvé. En plus, ça détruit la planète. Et que vous vouliez l’entendre ou pas en mâchant votre tartare, oui, les animaux souffrent en mourant pour atterrir dans votre assiette. Alors pourquoi ne sommes-nous pas tous végétariens?  Julien, Déborah, Leah, Raphaël et d'autres internautes de 20 Minutes, ont essayé de ne plus manger de viande. Puis renoncé. A l'occasion de la journée sans viande, ils nous expliquent pourquoi.

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«On me mettait presque des morceaux de chair entre les dents»

Les lasagnes de cheval de Spanghero pour JL, la vue des chasseurs pour un autre internaute, le choc «du sang qui s'écoule du steak saignant» pour Lorea. Il y a trois mois, un an ou 10, tous ces internautes avaient une très bonne raison d’arrêter de manger de la viande. Avec laquelle ils tentaient de composer.

En famille, quand tu te retrouves à «refuser tous les plats», comme Margaux, au resto, où «la monotonie» française, n’a rien à voir avec la diversité de Berlin ou Montréal, comme le regrette Ludovic. «Ce n'est pas vraiment l’envie de viande qui m'a fait reprendre, raconte Julien, 28 ans, c'est l'aspect pratique. Un sandwich au boulot, un fast-food le vendredi soir après le ciné». Ou le père de Sophie qui la traînait régulièrement dans un resto de viande.

Christelle n’hésite pas à parler de «pression sociale». «On me mettait presque des morceaux de chair entre les dents. J’ai commencé à me sentir un peu exclu, avec mes deux pauvres haricots dans mon assiette quand celles des autres croulent sous les victuailles.»  Et cette personne immanquablement là pour faire remarquer que même les plats végétariens les plus appétissants «font pâle figure (…) Je me suis sentie obligée de remanger de la viande», en conclue cette étudiante de 22 ans.

«Je n'ai pas trop eu le choix, j'ai mangé Bambi»

Patricia* voulait reprendre le sport après son deuxième enfant. Carencée, son docteur l’a enjointe de réintroduire les protéines animales. «Je ne mange que du saumon et du blanc de poulet, avoue-t-elle à contrecœur, je n’ai pas réussi à reprendre la viande rouge.» Devenir végétarien voire végétalien sans mettre en cause sa santé, c’est pourtant possible. «Quand on cherche bien, il y a des tas d'alternatives. Mais la société actuelle est dominée par la culture de la bonne bouffe. Qui rime souvent avec viande.» résume J., 33 ans. C'est un vrai «chemin de croix», ose Raphaël.

Et un jour, on n’a plus envie de lutter. «J'ai été invité au restaurant pour un rendez-vous professionnel. Il n'y avait qu'un seul menu: un civet de biche. Quelqu'un a commandé pour moi après m'avoir demandé si j'aimais Bambi. Je n'ai pas trop eu le choix, j'ai mangé Bambi.»

«Quand j'ai envie de poulet, je le paye 20 euros»

La solution immédiate pour beaucoup de ces végétariens contrariés reste de devenir «flexitarien». Ne plus systématiser la viande. Sans l'exclure complètement. Et se tourner vers une consommation «raisonnée». «Aujourd'hui, quand j'ai envie de poulet rôti, explique Déborah, je le paye 20 euros car je sais d'où il vient, ce qu'il a mangé et comment il a été traité tout au long de sa vie. A ce prix-là, je n'en mange pas très souvent mais cette démarche va de pair avec l'envie de soutenir une agriculture raisonnable.»

Envoyer paître ses amis relous et renier sa famille reste une option. Notre conseil, la méthode douce: Essayez de les convaincre avec une des recettes vegan de nos internautes végétariens accomplis. «Tu ne devineras jamais papa, mais les pâtes bolo que tu viens de manger, ne contenaient aucune viande.»