«KazakhGate»: Un ex-conseiller de Sarkozy mis en examen pour «corruption»

JUSTICE L’ex-préfet Jean-François Etienne des Rosaies est au cœur de cette affaire liée à la vente d’hélicoptères au Kazakhstan…

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy à Paris, le 18 mars 2015
Nicolas Sarkozy à Paris, le 18 mars 2015 — François Guillot AFP

C’est en s’intéressant à lui que Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy avait découvert le pot aux roses. Jean-François Etienne des Rosaies a été mis en examen en début de semaine pour «corruption» dans l’affaire du «Kazakhgate», selon une source proche du dossier.

Ancien préfet et chargé de mission à l’Elysée alors que Nicolas Sarkozy était président de la République, cet homme est soupçonné d’avoir abrité sur son compte en banque 300.000 euros issus de commissions prétendument frauduleuses, en marge de ce que les médias ont appelé le «Kazakhgate».

Une question à 300.000 euros

Tout démarre avec la vente par la France au Kazakhstan de 45 hélicoptères en 2010. Le contrat est juteux. Il porte sur deux milliards d’euros versés à la société Eurocopter devenue depuis Airbus Hélicoptères. Rien d’illégal a priori.

Sauf qu’en enquêtant sur les mouvements financiers, les experts de Tracfin s’aperçoivent que 300.000 euros se seraient retrouvés sur le compte en banque de Jean-François Etienne des Rosaies, conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. En remontant les virements, les enquêteurs découvrent que les virements porteraient même sur 1,5 million d'euros.

Une histoire belge

Les juges à qui l’information a été transmise s’interrogent alors sur de possibles rétrocommissions. Le principe est simple: La France verse des commissions à un intermédiaire pour obtenir le contrat mais, lors de l'accord, demandent à ce qu’une partie de ces commissions reviennent à leur source pour alimenter une forme de caisse noire.

En enquêtant, les juges vont également s’apercevoir que Jean-François Etienne des Rosaies aurait effectué un déplacement suspect en Belgique, début 2011. Il aurait alors visité des sénateurs belges pour faire pression et obtenir un traitement de faveur envers trois hommes d’affaires kazakhs emprisonnés dans le royaume.

Quelques mois plus tard, aidés par une loi opportunément votée, les trois hommes d’affaires sont libérés moyennant le versement d’une amende de 23 millions d’euros.