Elle reproche à la justice de lui avoir refusé la garde de son enfant parce qu’elle a changé de sexe

JUSTICE Sandrine a opéré une transformation sexuelle quelques mois après la naissance de son enfant...

N.Beu.
— 
Capture d'écran d'une vidéo d'Ouest-France, publiée le 13 mars 2015. Sandrine, une mère trans, se bat pour la garde de son enfant.
Capture d'écran d'une vidéo d'Ouest-France, publiée le 13 mars 2015. Sandrine, une mère trans, se bat pour la garde de son enfant. — OUEST FRANCE

La vie d’un trans est semée d’embûches. David, un Morbihanais de 36 ans, l’a appris à ses dépens quand il a ressenti le désir de devenir Sandrine aux yeux des autres, en 2013 et qu'elle a voulu obtenir le droit de garde de sa petite fille. Le début de ses ennuis judiciaires, selon le récit qu’en fait le quotidien régional Ouest-France.



Trois mois après la naissance de leur petite fille, David annonce à sa compagne qu'il veut opérer une transition. Le couple, pacsé, se sépare, mais se dispute la garde de la fillette. Début 2015, le juge des affaires familiales de Lorient statue sur le lieu de résidence de la fille du couple, âgée d’un peu moins de deux ans: ce sera chez sa mère biologique, au grand dam de Sandrine. Celle-ci devra se contenter de quatre heures de visites par mois, dans un lieu neutre.

Un «acte militant»

«Contrairement à ce que [David] laisse entendre», changer de sexe «n'est pas anodin et sans incidence pour l'enfant», relève le juge. Et Sandrine de répondre: «Accepter ce jugement, c'est accepter que je suis nuisible pour ma fille, et c'est stigmatiser les transsexuels».

«On m’a reconnue capable de rien, accuse-t-elle. J’ai été prise pour quelqu’un qui est malade alors qu’une personne trans n’est pas quelqu’un de malade.» Celle qui décrit son combat et sa médiatisation comme un «acte militant» ne veut pas se résoudre à la décision de la juge. «J’espère revoir ma fille normalement, assure-t-elle. Un enfant doit voir ses deux parents, parce qu’un enfant qui ne voit pas ses deux parents ne peut pas être équilibré et heureux.»

Sandrine a fait appel au défenseur des droits de Vannes, qui a demandé un examen médico-psychologique des deux parents et de la compagne, transsexuelle, de Sandrine.