Fin de vie: L'écrasante majorité des Français favorables à la «sédation profonde et continue»

SONDAGE Les Français estiment aussi qu'il faudrait une loi pour faire autoriser l'euthanasie...

20 Minutes avec AFP
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Un patient en fin de vie dans une chambre d'hôpital, illustration.
Un patient en fin de vie dans une chambre d'hôpital, illustration. — FREDERICK FLORIN / AFP

Les Français sont très largement favorables (96%) à la «sédation profonde et continue» prévue par le projet de loi sur la fin de vie devant être adopté mardi par l'Assemblée, plus particulièrement lorsque le patient le décide, selon un sondage BVA-Orange-iTELE publié dimanche*.

L'Assemblée nationale devrait adopter mardi à une assez large majorité la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie, qui crée un droit à un endormissement en phase terminale, concrétisant une promesse de campagne de François Hollande, mais laissant insatisfaite une partie de la gauche.

La «sédation profonde et continue» jusqu'à la mort pourra être choisie par les malades conscients dont les traitements sont inefficaces et dont les jours sont comptés, et pour ceux qui font l'objet de traitements qui les maintiennent artificiellement en vie.

Une possibilité faisant l'objet d'un consensus, puisque selon le sondage paru dimanche 96% des Français y sont favorables lorsque le patient le décide. Leur taux d'accord régresse à 82% dans le cas où la sédation serait réalisée sur décision de l'équipe médicale lorsque le patient ne peut exprimer sa volonté.

L'euthanasie n'est plus tabou

80% des Français jugent aussi qu'il est nécessaire de faire voter une loi visant à autoriser l'euthanasie.19% y sont opposés et 1% sans opinion. Sur le plan politique, les sympathisants de la gauche sont 84% à se déclarer favorables au vote d'une loi autorisant l'euthanasie contre 76% des sympathisants de la droite.

En outre, 88% des Français se déclarent favorables à l'euthanasie clandestine, c'est-à-dire à ce que des euthanasies soient pratiquées, même si elles ne sont pas autorisées par la loi, lorsque des personnes atteintes d'une maladie incurable en phase terminale le réclament.

*Enquête réalisée auprès d'un échantillon de 976 personnes recrutées par téléphone puis interrogés par Internet les 12 et 13 mars. Méthode des quotas.