Nouvelle manifestation des professionnels de santé contre le projet de loi Santé

SANTE La manifestation de Paris a rassemblé dimanche 19.000 personnes, selon la police, plus de 40.000 selon les organisateurs...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la grève des médecins à Lyon le 5 janvier dernier.
Illustration de la grève des médecins à Lyon le 5 janvier dernier. — AFPTV

Les professionnels de santé sont une nouvelle fois dans la rue pour dire leur opposition au projet de loi santé porté par Marisol Touraine. La manifestation de Paris a rassemblé dimanche 19.000 personnes, selon la police, plus de 40.000 selon les organisateurs. Médecins, dentistes ou encore infirmiers libéraux, la ministre de la Santé réussit à faire l'unanimité contre elle. Plusieurs milliers  blouses blanches  ont commencé à défiler depuis la place Denfert-Rochereau (XIVe arr.) en direction du ministère de la Santé (7e arrondissement) vers 14 heures. La ministre a fait savoir qu'elle recevrait une délégation ce dimanche après-midi au ministère.

«Tous unis pour la santé de demain», les manifestants viennent crier leur colère contre «un projet de loi santé qui fait l'unanimité» contre lui, expliquait vendredi le président de l'Anemf (étudiants en médecine), Sébastien Foucher, au nom d'une dizaine de syndicats de médecins.

Tiers payant généralisé, «suradministration de la santé», «démantèlement des métiers médicaux», liberté d'exercice «menacée», «hospitalocentrisme», les libéraux répètent depuis des mois leurs griefs, allant jusqu'à fermer leurs cabinets en fin d'année et parfois refuser la carte vitale.

Bientôt des élections professionnelles

Depuis vendredi, certains syndicats les ont appelés à faire une grève des urgences et des gardes, en plus d'une fermeture des cabinets samedi.

Mais cette manifestation unitaire, que les syndicats annoncent comme la plus importante «depuis 2002» pour la revalorisation de la consultation à 20 euros, sera l'occasion pour le monde médical d'afficher sa force à l'approche du débat parlementaire. Ils ont reçu samedi le soutien de l'UMP François Fillon.

Les différentes organisations se compteront aussi, à quelques mois des élections professionnelles prévues en fin d'année. Lancé par les internes en janvier, l'appel à manifester a rapidement été relayé par les organisations de leurs aînés, puis par d'autres professionnels de santé comme les dentistes ou les infirmiers.

Si certains d'entre eux, comme le collectif «Mouvement pour la santé de tous», réclament le retrait pur et simple du projet de loi, la majorité des syndicats représentatifs réclament une réécriture.

Les patrons de cliniques, échaudés par la baisse de leurs tarifs et s'estimant discriminés par rapport à l'hôpital public, sont attendus en bonne place dans le cortège. Même l'Ordre des médecins, d'ordinaire discret, a affiché son «soutien» à la manifestation.

De «simples rustines»

Marisol Touraine a pourtant lâché du lest lundi dernier, en acceptant quelques aménagements à son texte qui comporte aussi un important volet prévention. Elle a notamment reculé sur la délégation de la vaccination aux pharmaciens, qui fera l'objet d'«expérimentations» au lieu d'être inscrite dans la loi.

Pas de quoi apaiser les médecins: «On est comme Saint Thomas, on ne croit que ce qu'on voit » explique Jérôme Pinot, porte-parole de l'Isni (internes), qui attend d'avoir les amendements en main. Surtout, la ministre a maintenu son objectif d'étendre le tiers payant (dispense d'avance de frais lors des consultations) à tous les Français en 2017, mesure la plus critiquée par les libéraux qui redoutent une «usine à gaz».

Plus généralement, les contestataires dénoncent les lacunes d'un projet de loi décevant au regard de la stratégie nationale de santé, la feuille de route pour le quinquennat dévoilée en 2013.

Le texte «met seulement des rustines sur un système à bout de souffle», juge Jacques Olivier Dauberton, président du syndicat Reagjir (jeunes généralistes), pour qui les moyens alloués aux soins de proximité ne sont pas suffisants.