Chute historique de la CGT à Air France

SOCIAL Le syndicat est doublé par les réformistes...

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez et son prédécesseur Bernard Thibault lors d'une manifestation pour défendre le droit de grève, à Paris le 18 févrirer 2015
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez et son prédécesseur Bernard Thibault lors d'une manifestation pour défendre le droit de grève, à Paris le 18 févrirer 2015 — Kenzo Tribouillard AFP

Coup de tonnerre à Air France. La hiérarchie syndicale a été bouleversée vendredi par la chute historique de la CGT, de la première à la quatrième place au profit des réformistes, ayant négocié des mesures pour accompagner la restructuration en cours.

En quatre ans, le syndicat contestataire a perdu près de 4 points pour s'établir à 14%, derrière l'alliance constituée par la CFE-CGC et l'Unac qui a recueilli 18% des suffrages. Force ouvrière et l'Unsa Aérien complètent le podium, la CFDT se classant cinquième.

Du côté des pilotes, le puissant SNPL voit son audience décliner de six points mais reste, avec 65%, largement devant son dauphin, le Spaf, qui a bondi de neuf unités pour s'établir à près de 21%.

La CGT avait fait une priorité de la lutte contre le plan de restructuration «Transform», qui a conduit à des milliers de suppressions d'emplois depuis son lancement en 2012. Toutefois, cette stratégie semble ne pas avoir conquis les quelque 50.600 électeurs appelés aux urnes (70% de participation).

«Vote de crainte»

Les résultats traduisent «un vote de crainte» pour l'avenir «plus que de combat», a réagi Didier Fauverte, secrétaire général CGT du Comité central d'entreprise d'Air France. Les salariés se sont dit qu'il valait«mieux voter pour des organisations syndicales qui ont négocié les conditions pour conserver son emploi ou partir dans le cadre d'un plan de départs volontaires » (PDV), selon lui. En novembre 2013, la CFDT, CFE-CGC et FO ont ainsi signé un PDV chez les personnels au sol, qui prévoyait d'accorder jusqu'à 18.000 euros aux candidats aux départs, en plus de l'indemnité de base.

Annoncé fin janvier, le dernier PDV - le quatrième depuis 2012 - vise 500 postes au sol, catégorie la plus touchée déjà par les précédentes coupes dans les effectifs, sur un total de 800. Dans cette catégorie, la CGT est descendue de son trône, sur lequel s'installe pour la première fois la CFDT (20,2% contre 19,7% pour la CGT). Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a salué dans un tweet une victoire «historique» pour son syndicat.

Plus généralement, il s'agit d'un nouveau revers électoral de taille pour la CGT au sein d'une grande entreprise française, après ceux enregistrés à La Poste, à la SNCF, à EDF ou encore chez Orange, où elle a été dépassée par la CFDT, du jamais vu chez l'opérateur télécoms.ction.