Privés de cantine: «Intolérance au gluten», «père intérimaire», «punition»... Les motifs de refus sont variés

VOUS TÉMOIGNEZ Les enfants de ces internautes n'ont plus le droit d'aller dans les restaurants scolaires. Les mairies motivent leurs refus diversement...

Christine Laemmel

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Une cantine en 2009 près d'Angoulême (Charente)
Une cantine en 2009 près d'Angoulême (Charente) — ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Ces témoignages ne devraient bientôt plus exister. Ce jeudi, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture un texte garantissant l’accès de tous les enfants à la cantine scolaire. «Il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille», précise la proposition de loi. Si le texte est définitivement adopté, la loi rectifierait la situation de centaines d’enfants privés de réfectoire. Aperçu des motifs fournis par les mairies, avec les internautes de 20 Minutes.

Karine : «Ma fille est intolérante au gluten, elle mange chez une nounou»

«Ma fille de 4 ans est intolérante au gluten. Nous nous sommes renseignés sur la mise en place d’un panier-repas spécifique. Le maire a discuté avec les personnels de mairie puis nous a simplement dit que c’était trop dangereux. Pour couronner le tout, il a mis en avant que l'école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans. Laon (Picardie), à 20 minutes de voiture, accepte les enfants allergiques ou intolérants. Mais comme je n’y vis pas, je dois payer le prix fort. Je la mets donc chez une nounou le midi, en fournissant un repas. En cas d’absence de la nounou, la cantine est une solution de repli.»

Johar : «Son père devait justifier sa présence au travail, j’ai dû scolariser mon fils à 12km de chez nous»

«Mon fils de 4 ans a été privé de cantine car son père est intérimaire. Je travaille à plein temps mais lui non. La mairie lui a demandé de justifier ses jours et heures de présence au travail. Sauf que souvent, il a une coupure mais travaille trop loin pour le récupérer notre fils et le faire manger. J’ai dû le scolariser à 12km de chez nous.»

Kelly: «J’aimerais pouvoir chercher du travail mais je suis obligée de récupérer ma fille»

«Je suis sans emploi, ma fille est en maternelle. On ne veut pas la prendre à la cantine sous prétexte que je ne travaille pas… sauf que j'aimerais pouvoir en chercher du travail. Je me retrouve coincée, c'est un cercle vicieux. Cette loi serait la bienvenue.» 

Audrey: «Mon fils a été puni de cantine, j’ai dû faire appel à l’inspecteur académique»

«Mon fils s’est disputé avec des enfants, il a été exclu de la cantine. Je travaille et je n’ai pas de famille à moins de 120 km. J’ai dû me débrouiller et faire appel à l'inspecteur académique pour pouvoir le remettre à la cantine.»

Nathy: «Ma fille a porté des béquilles quatre mois, on l’a exclue de la cantine»

«Je suis maman célibataire et j’élève seule mes quatre filles. Je travaille, c’est normal. Ma fille de 9 ans a eu un syndrome rotulien qui a nécessité quatre mois de béquille. On l'a purement et simplement évincée de la cantine car elle faisait perdre du temps. J’ai dû me débrouiller tant bien que mal en payant à droite et à gauche pour faire manger ma fille sans quitter mon travail.»